Chroniques, Made In France — 9 mai 2017 at 11 h 00 min

TAGADA JONES – La Peste Et Le Choléra

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Quiconque a déjà vu Tagada Jones en concert sait combien les bretons ont tout d’une machine de guerre … Leur punk/oï/metal est de ceux qui se subliment dans l’atmosphère moite d’une salle obscure, et leur énergie communicative possède une aptitude folle à prendre possession de nos membres inférieurs. Des vraies bêtes de concours en somme, qui ont fait du live leur mode d’expression privilégié, et qui restent aussi engagés et enragés qu’il y a vingt ans.
Je fais parti de ceux qui les aiment sur scène, mais qui ont toujours eu du mal à adhérer à leurs albums respectifs. Contre vents et marées, les rennais nous offrent encore une fois tout ce qu’il faut pour passer un bon moment, sans prise de tête et sans truc complexe à assimiler. Et c’est là justement qu’un sentiment de lassitude m’envahit à chaque fois. Les paroles sont certes d’actualité mais résonnent d’une manière simpliste et utopique, comme la bande-son d’une manifestation où l’on ne sait plus contre qui gueuler.
Malgré tout, le ton de l’album reste résolument contestataire, et quelques éclaircies rendent l’ensemble digeste et équilibré. Les textes bien qu’assez simples, je le répète, sont toujours autant en phase avec la réalité de notre monde et proposent un constat à la fois désarmant et révoltant. Personnellement, j’aurai préféré entendre un peu plus de finesse dans le propos, même si ces musiciens tirent à boulets rouges sur tout et proposent un point de vue acide sur la société qui nous entoure (ce qui n’est pas pour me déplaire bien au contraire).
Avec un chanteur aussi impulsif qu’un syndicaliste de chez Renault (Niko), Tagada Jones est véritablement l’incarnation même du groupe qui ne me transcende pas forcément sur disque, mais qui devient incontournable en concert, et ce en raison de leur indépendance et de leur savoir faire. Leur succès croissant d’ailleurs, est surtout dû à leurs prestations scéniques, et ce n’est certainement pas un hasard. En arpentant sans cesse le bitume, ils rendent ainsi hommage à leurs ainés (on pense notamment aux Bérus, à Parabellum, à La Souris Déglinguée …) et l’effervescence autour d’eux est largement méritée. 
Au final, douze titres qui s’écoutent sans réfléchir, qui auraient mérité un meilleur traitement sur le fond, destinés aux étudiants en manque de sensation, à tous les recalés du système et aux punks à chats qui ne font plus peur à personne. A voir et à revoir sur scène tout de même car là, la sanction n’est pas la même.
 
www.tagadajones.com
www.label-athome.com
Note de la rédaction
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