Chroniques — 18 avril 2019 at 11 h 30 min

PRISTINE – Road Back To Ruin

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Depuis quelques mois, les amateurs de classic rock ne savent plus où donner de la tête. Si les anglais sont devenus plutôt discrets, et semblent avoir perdu leurs mojos depuis quelques années , l’avenir se construit ailleurs. Il y a bien sûr l’Amérique, éternel berceau du rock’n’roll, où Blackberry Smoke et Rivals Sons ont pris la place de vielles idoles vieillissantes.

Mais le rayonnement du rock devait fatalement bouleverser le vieil antagonisme entre les Etats-Unis et la perfide Albion, et résumer le rock actuel à ces deux pays est un impardonnable anachronisme. Le rock est désormais mondial. La suède est partagée entre les mélodies raffines des Flowers Kings et le blues poisseux de Graveyard, Kadavar bombarde l’Allemagne à grands coups de riffs sabbatiens, et Pristine botte enfin le cul des alcooliques dépressifs du black metal. Les clips présents sur le net montrent que ce groupe, au milieux de ces forêts glacées, n’a rien à envier à ses contemporains.

Véritables conquérant du blues rock , les musiciens balancent des riffs carrés, sur lesquels viennent se poser les cries rageurs d’une chanteuse brillant au milieux du cyclone, comme le brasiers érigés par ces ancêtres après une grande conquête. Cette conquête, c’est celle d’une musique renaissant de  ses cendres que l’on pensait depuis longtemps refroidies. Comme Blues Pills , Pristine ne serait rien sans sa chanteuse, qui s’acclimate si bien à tous les registres, qu’on a l’impression que les titres furent composés pour elle.

Sur « Landside » , son groupe turbine comme Blackberry Smoke lancé dans un hommage aux Stones, les riffs classieux s’épanouissent sur une rythmique implacable, et la belle chante le blues avec passion. Le rock lui va à ravir, au point qu’elle vient se placer comme une des plus brillantes héritières de Janis Joplin sur des titres comme Sinerman, et surtout Orora Skie. Sur ce dernier , ces complaintes de jeune louve ne trouve d’équivalent que sur les meilleurEs prestations de Beth Hart , mais son groupe ne se serait jamais embarqué dans l’irrésistible danse Voodoo créer par Pristine.

Passé cet intermède, on en revient à cet éternel objet de dévotion, le riff graisseux né dans les villes du Missisipi. Il ne manquait plus au groupe qu’à venir marcher sur les terres de Rivals Sons, avec un chant ponctuant la rythmique, avec autant de grandeur qu’un Jay Buchanan devenu le nouveau sage zeppelinien (« Road Back To Ruin », « Bluebird »).

En bref , si vous cherchez un groupe capable de renvoyer les partisans de joujou ultra moderne à leurs jouets clubs , ce disque sera encore une belle vague sonore à ajouter à un déluge qui va remettre le rock à sa place, c’est-à-dire au dessus de tout. La nostalgie est un chien de l’enfer, et un groupe de furieux norvégiens ne sera pas de trop pour lui tordre le coup. Car, tenez-le vous pour dit, nous vivons déjà un nouvel âge d’or.

http://www.pristine-music.com/

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