Chroniques — 5 décembre 2019 at 8 h 53 min

NEIL YOUNG – Colorado

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Il existe des duos sans qui le rock n’aurait pas était pareil, des rencontres changeant à jamais la trajectoire d’un artiste. Bowie n’a jamais été aussi fascinant qu’avec ses Spiders From Mars , Springsteen semble souvent s’égarer quand il quitte son E Street Band , et je ne parle même pas du désastre que sont les carrières solos de Mick Jagger ou Pete Townshend.

Si Neil Young eu tout de même une carrière impressionnante avant et après sa collaboration avec le Crazy Horse , ce groupe dévoilait son côté le plus bouillonnant , et paradoxalement poétique. CBNY et Buffalo Springfield étaient la rencontre de personnalités exceptionnelles qui, le temps d’un ou deux album, ont accouché de monuments dépassant leurs personnalités artistiques.

Sur « Déjà Vu », le loner était le rouage d’une machine qui le dépassait, et CBNY se cassera la figure dès que les égos reprendront le dessus. Quant à sa carrière solo, malgrès deux chef d’œuvres absolues (« Harvest » et « After The Gold Rush ») , elle révèle surtout sa part la plus larmoyante . Quand elle ne part pas dans des expérimentations rockabilly , grunge, ou synthétique, qui n’intéresse que la par la plus snob de son public.

On crie partout que, depuis quelques années, le loner à retrouver sa muse, et nous permet de contempler de nouveau les splendeurs folk rock qui firent sa gloire dans les seventies. Certes, « Promise Of The Real » était un groupe sympathique , mais ses disques avec le loner sont surtout salués pour leurs militantisme écologique dans l’air du temps.

Côté musique, on obtenait surtout des disques un peu ternes, le groupe de Lucas Nelson n’ayant pas la verve capable de faire décoller les mélodies vers les sommets spirituels découverts sur Zuma. Ne parlons pas de « Storytone » , et sa partie instrumentale insupportable et prétentieuse . Le loner était encore dans un vide artistique, mais il savait le masquer derrière un frelaté de lyrisme folk.

Le dernier grand disque du Loner , c’était le Electric Pills de 2012 , et je vous laisse deviner qui était chargé de le soutenir. A ce propos, je vous conseille de jeter une oreille à l’album que le Crazy Horse à produit seul, et à côté duquel les trois quart du folk rock Californien semblent soporifique.

Aujourd’hui plus que jamais , Neil Young a besoin de ce groupe qui a toujours été fait pour lui , il le ramène à une simplicité et une énergie qui lui permet de conserver un certain panache. Colorado ne réinvente rien, et ce n’est de toute façon pas ce que l’on attend d’un vieux briscard comme Neil Young.

En ouverture, « Think Of Me » rappelle la tendresse country folk de Zuma , disque auquel Colorado semble se rattacher. Sachant que Zuma était un horizon indépassable dans la carrière du loner , l’expression la plus pure de son folk rock fascinant, colorado montre clairement une volonté de revenir aux fondamentaux.

Cette volonté n’empêche pas la bande de nous refaire le coup de Electric Pills, étirant la complainte écolo « She Showed Me Love », lors d’instrumentaux qui semblent exprimer le cri de douleur de sa « Mère Nature ». Neil Young n’a pas attendu les cries larmoyants d’une jeunesse endoctrinée pour dévoiler son amour de la faune et de la flore, sa rage est pure et sincère, et nourri le plus grand moment de ce disque.

Le chanteur compose une véritable transe voodoo , un crie de rage douloureux, sans verser dans le pathos, et qui s’achève dans une tornade électrique d’une intensité irrésistible. L’homme est un enfant des « année fillmore » , cette période oú expérimenter sur scène était la règle , et oú les groupes étiraient magnifiquement leurs morceaux lors de concerts devenues mythiques. Et c’est précisément cette fièvre créatrice qu’il nous fait revivre, nous donnant l’impression d’entendre un groupe dévoiler sa vulnérabilité, chaque fausse note pouvant mener au désastre.
Rien que pour ce petit quart d’heure, le dernier Neil Young mérite que vous lui sacrifiez une petite heure de votre précieux temps, mais la suite est tout aussi honorable. Ayant la lourde tâche de succéder à se tonnerre spirituel, « Olden Days » renoue avec les plaines boiséEs dont le loner a fourni la superbe bande son pour le film « Dead Man ».

Vieille amie, sa guitare rugit gracieusement, comme une cérémonie indienne invoquant les forces de la nature. Sur « Help Me Lose My Mind » , elle bourdonne encore comme une menace sourde , alors que le groupe repart dans une jam qui semble véritablement faite pour libérer l’auditeur de la folie de l’homme moderne.

« Milkyway » flirt plutôt avec ses grandes ballades nostalgiques, toujours avec ces chœurs, qui montrent que le loner n’a pas besoin de Crosby Still et Nash pour produire de majestueuses mélodies. On regrette presque cette intermède mélodique, tant Neil Young n’est jamais aussi bon que quand il fait galoper son Crazy Horse lors de grandes fresques brulantes, comme sur le bouillonnant « Eternity ».

Mais on ne peut réellement lui en vouloir et, quand la chorale « Rainbow Of Colour » ouvre la voie au final désespéré « I do », on reste fasciné par ses décors spirituels. La réunion de Neil Young et du Crazy Horse restera éternellement l’antre d’où s’échappe une poésie musicale unique et immortelle.

 

https://neilyoungarchives.com/

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