Non classé — 5 décembre 2017 at 12 h 00 min

MYRATH – Elyes Bouchoucha ( Claviers )

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Merci beaucoup de nous accorder du temps, comment se passe cette tournée avec Vuur et Epica , votre dernière tournée en France avait été amère à cause d’une interdiction de soundchek est-ce que cette fois tout se déroule au mieux ?

Juste pour commencer, merci beaucoup de nous accorder cette interview. Concernant cette tournée ça rien à voir avec la précédente. On a le temps de faire des soudcheck qui durent beaucoup plus longtemps que notre set. L’ambiance est vraiment bonne, tout le monde s’entend bien, que ce soit nous, les autres groupes et toutes les personnes qui gravitent autour de cette tournée. Je ne sais pas si vous avez vues des vidéos de la tournée, sur pas mal de concerts le claviériste nous laissait son matos et on prenait les dispositions de scène d’Epica. Franchement c’est le top. Pour la première fois on sent que la tête d’affiche est avec les groupes qui ouvrent pour elle. C’est super bien.

Avec le recul quel regard vous portez sur Legacy ?

Pour être franc, je pense qu’on est jamais satisfait d’un produit tout le temps. Chaque semaine notre bagage musical, comme nous en tant que personne nous évoluons. je pense que même après une semaine ou deux semaines après sa sortie on voulait déjà rajouter des trucs. Mais sinon dans l’ensemble on a fait de notre mieux.

Qu’est-ce qui fait que ton bagage augmente de semaine en semaine ?

Personnellement je suis mélomane, j’écoute de tout. Nous tous d’ailleurs, puisque dans nos familles en Tunisie on est assez métissé culturellement. J’ai un papa qui écoute du rock, ma maman de la musique orientale Tunisienne, j’ai des oncles qui sont très funk et ma soeur qui écoute de la pop. Du coup j’écoute de tout et je pense que ça m’a aidé. Je m’estime chanceux d’avoir une famille assez ouverte musicalement, du coup je n’ai pas de problème avec n’importe quel style. Par exemple en dehors des tournées je suis prof et notamment à Saint-Denis, là-bas il y a le côté rap et je tourne autour de ce style là aussi.

Là vous êtes entrés en studio pour enregistrer votre prochain album, seulement un peu plus d’une année après ‘Legacy’ alors qu’entre ‘Tales of The Sand’ et ‘Legacy’ il y a eu quasiment 5 ans pourquoi cette rapidité ?

Donc il y a eu ce décès et la révolution. Quand le pays va mal comment tu peux avoir l’inspiration et l »émotion pour composer? Il y a un sacré paquet d’anecdotes sur les enregistrements de « Legacy » . Et puis, aller je vais le dire, avec tout se qui passe point de vue de ‘l’immigration en Europe, ce qui se passe actuellement en Syrie par exemple, ça n’a pas joué pour nous. La politique a un petit peu joué contre nous. On a eu des refus de la part de maison de disque, personne ne voulait de nous. C’est bête de le dire, de mélanger le côté musical et le côté géopolitique, c’est absurde. En plus nous on s’en tape de la politique, religion aussi, ça n’est pas notre tasse de thé. nous on fait de la musique pour la musique, par amour. Notre politique c’est notre musique.

Donc là le contexte est meilleur pour produire plus rapidement qu’avant. Déjà on est bien accueilli chez nos deux maisons de disque, là maintenant on peut travailler dans de vrais bonnes conditions.

Concrètement qu’est-ce que vous avez voulu faire de mieux que sur Legacy ?

On voudrait enregistrer avec un orchestre complet. C’est notre souhait mais budgétairement pour avoir tout le monde ça coute déjà très cher. On pourrait peut être même en faire un dvd. Mais là on va pas vous en dire plus.

Vous avez enregistré avec l’orchestre de Tunis, vous faite intervenir des musiciens tradi sur les albums, n’est-ce pas frustrant de ne pas pouvoir reproduire ça en tournée malgré les sonorités apportées par la basse et la guitare ?

Partir en tournée tous ensemble serait trop compliqué. Surtout point de vue des visas et de la paperasse. Pour être franc on est pas vraiment dans une situation où on pourrait emmener tout le monde en tournée. On est encore das une situation intermédiare, on est entrain de grimper les échelons au fur et à mesure, donc on n’a pas les moyens de le faire. Mais on aimerait bien le faire.

Votre prochaine tournée vous la ferez en tête d’affiche qu’est-ce que vous allez proposer de plus avec le temps de jeux qui sera rallongé ?

Ca va être beaucoup plus dans le côté visuel. On va partir dans le côté plus humain et simple. Ca ça fait parti de notre musique, Myrath sur scène n’a rien à voir avec la musique sur cd. Car il y a un côté humain, un côté improvisation. On ne joue pas la dessus mais ça fait partie de notre culture cette improvisation. C’est pas tout est carré à 100% même s’il doit y avoir des choses carrées, mais il y a beaucoup d’improvisation, c’est pas au niveau des speeches, mais au niveau de la musique. Par exemple Zaher notre chanteur ne fait jamais le même concert chaque soir. C’est de la réappropriation perpétuelle, c’est de l’évolution et tout dépend de l’état d’âme des musiciens lors du concert.

Quelle place prend la religion au sein de la musique et du groupe ?

Zéro de chez zéro. Notre musique c’est notre politique et notre religion.

Est-ce qu’il est plus facile maintenant pour vous, au vue de la notoriété que vous gagnez  au-delà de vos frontières la Tunisie, de vous produire là-bas ?

Il faut savoir qu’en Tunisie on est chanceux d’avoir des concerts et des festivals de Métal, ce n’est pas le cas dans d’autres pays du monde arabe. Sauf que quand il y a eu la révolution il y a eu des priorités pour le pays. Donc les budgets de la culture et des concerts ont été redistrbué pour la sécurité on va dire. Pendant 5 ans il n’y a pas eu de gros concerts de  métal, il y a eu quelques trucs mais rien de bien phénoménal. Et en avril 2015 on est retourné. Et pour la première fois dans l’histoire du monde arabe, de l’Afrique du nord, un groupe de Métal fait une tournée. On l’a fait en Tunisie. On a fait le théâtre antique de Carthage. On a écrit notre nom dans l’histoire du métal dans le monde arabe car on ne trouve jamais ça. Et on n’a pas fait que Carthage. Et partout où on est passé il y avait du monde, au final il y a des consommateurs de métal donc il faut juste permettre aux gens d’y avoir accès. Et le gouvernement a même été choqué. Le théâtre antique de Carthage il n’ouvre que pendant la période d’été. Ils avaient proposé des salles plus petites comme 1000 spectateurs, mais il était attendu beaucoup plus de personnes, et des grandes salles il y en pas des masses, alors ils ont décidé de regarder pour ouvrir le théatre antique. C’est la première fois que cet endroit a été ouvert hors des périodes d’été. Et les promoteurs pensaient qu’on allait se planter et en définitive bim 5000 personnes. On est plutot fiers. Il ne faut pas croire que la scène métal est morte en Tunisie, il y a un public là-bas aussi.

Vous aviez lancé un crowfunding pour financer un de vos clip est-ce une expérience que vous renouvellerez ?

Franchement je ne sais pas. Il faut replacer dans le contexte ce qui nous a emmené à faire cela. On l’a fait après Legacy car après l’enregistrement il n’y avait plus de sous, on a pas tourné donc on avait pas de budget. On s’était déjà débrouillé pour enregistrer l’album. Et on s’est dit ben pourquoi pas utiliser ce moyen et en même temps ça nous permettra de voir si on a des fans. On a demandé une certaine somme et on en a obtenu 3 fois plus. Mais tout ça c’est un cercle : s’il n’y a pas les fans, le groupe est mort, si vous les chroniqueurs vous ne venez pas , nous on existe pas. Le père de Malek nous disait un truc important et on se le rappelle très très souvent: il ne faut jamais oublier d’où on vient et jamais comment on a commencé.

Tiens ne pas oublier d’où tu viens, certains groupes proposent à leur fans lors de tournée de les rencontrer à travers l’offre meet and greet, que pensez-vous du concept et est-ce une pratique que vous pourriez mettre en place ?

Personnellement, je ne suis pas fan de ça. Après il y a des groupes qui le font. Il faut savoir que les groupes ne sont plus forcément maitre de leur destin. Il y a le producteur, des directeurs. Il ne faut pas forcément blamer les musiciens. C’est un marché, si les gars profitent de ça c’est qu’il y a une demande. cC’est le côté sombre du truc. J’en ai déjà discuté avec certains groupes et beaucoup ne veulent pas mais ils sont obligés, ça fait partit de leur travail c’est comme ça; De là à dire que nous on le fera je ne sais pas. Personnellement je serai toujours à côté du merch à attendre les gens pour signer des autographes. Il faut comprendre les artistes parfois.

Je ne vous embête pas plus longtemps je vous laisse le mot de la fin et vous remercie beaucoup !!

Merci encore à toi, c’était très sympathique comme moment, merci du soutien, grâce aux fans et aux médias, grâce au cercle le groupe n’existerait pas, donc merci beaucoup et à la prochaine.

Note de la rédaction
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