Chroniques — 1 février 2018 at 17 h 30 min

Machine Head – Catharsis

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Chaque sortie est un événement. On l’attend, et, une fois en notre possession, on ne demande qu’à l’aimer. « Catharsis » est le neuvième album des californiens de Machine Head, toujours mené par Robb Flynn. Malheureusement, les erreurs ça arrive…

Non, il ne s’agit pas d’un bon album. J’aimerais dire le contraire mais je ne peux pas. Les raisons sont nombreuses, j’ai beau chercher, je n’arrive pas à aller au-delà de ces défauts. Le principal d’entre eux est que nous avons affaire à un album très facilement oubliable. Presque aucun riffs ne reste en mémoire. Pourtant, combien de titres parmi toute la discographie du groupe ont marqué la musique ? Même dans le précédent opus « Bloodstone and Diamonds », porteur de grand changement dans le style du groupe, il y avait de très bonnes compositions. C’était du neuf, mais le style évoluait logiquement.

« Catharsis » est introduit par Volatile, et le seul élément qui me revient à l’esprit est un « Fuck the world » clamé par le frontman. Le reste est extrêmement vague. Ça manque d’aboutissement, et c’est ce défaut qui représentera cet album. Pourtant, certaines chansons ont de quoi se démarquer, mais pas suffisamment. Bastards sort du lot grâce à son aspect folk et à des paroles très politiques. Les événements de Charlottesville aux Etats-Unis avaient, tristement, inspiré le chanteur. Une première version de cette chanson, entièrement acoustique, avait été mise en ligne sur Youtube par Robb Flynn. Elle a été retravaillée avec les autres membres du groupe, et le résultat est plutôt intéressant. Mis à part le passage de répétition « No, no, no, fuck no ! », elle marque beaucoup plus que la chanson éponyme Catharsis, dans le sens où elle est appréciable. Car cette dernière s’éloigne beaucoup du style de Machine Head. Le refrain sonne comme le générique des mauvaises séries pour adolescents fin années 90/début 2000. Mais ça n’est toujours pas le pire ! Avec Triple Beam, le groupe touche le fond, et, heureusement, n’a pas continué à creuser. Robb Flynn s’est essayé à une sorte de rap, ou si ça n’en est pas, appelons ça un trop long discours. Il n’est pas fait pour tenter sans prévenir de s’essayer à des genres qu’il ne maîtrise pas. Rien de bon à retirer sur cette chanson. Mais encore une fois, on retrouve l’un des grands défauts de cet album. Robb Flynn ne laisse pas assez de place à la musique. Il chante beaucoup trop, ne laissant aucune respiration et aucun moment qui nous permettrait d’apprécier le reste.

En définitive, il n’y a qu’une seule chanson que j’ai aimé écouter et réécouter, le single sorti en novembre Beyond the Pale. Puis comme d’habitude, internet et ceux qui commentent plus vite que leur ombre ont réagi. Le riff principal ressemble beaucoup a celui de Love ?  par Strapping Young Lad. Mais en quoi est-ce mal ? Oui, il y a une très forte ressemblance sur une partie du riff. On ne parle pas de plagiat sur toute la chanson ! Est-ce qu’il y a besoin de crier au scandale dès lors que des éléments de compositions se ressemblent ? Non. Devin Townsend, chanteur de Strapping Young Lad, l’a très bien expliqué sur Twitter : « J’ai écrit des riffs durant toute ma carrière qui sonnaient comme quelque chose d’autre. J’ai utilisé des thèmes venant d’autres albums ou films. L’art est un collage de vos expériences, vous prenez des morceaux et vous les réunissez ».  Je voulais revenir sur ce point car, si à chaque fois que des compositions se ressemblent on sort un nouveau débat, on n’a pas fini.
Pour en revenir à la composition de Beyond the Pale, là je peux dire que c’est bon. Pas seulement le riff, mais la batterie derrière appuie véritablement et donne une force impressionnante. Puis avec les solos, on assiste à un dialogue entre Robb Flynn et son acolyte Phil Demmel comme on les aime, bien que perturbant à la première écoute car il ne s’agit pas d’un simple dialogue où ils se répondent l’un à l’autre. Chacun joue sa partie en même temps que l’autre, ce qui créé un étrange mélange, mais qui est en réalité une belle preuve de la force de composition existant entre ces deux guitaristes.

Je ne peux pas revenir sur chacune des chansons, mais le groupe vient probablement de nous livrer leur plus mauvais album. Pourtant ça n’est pas réellement une surprise. Le chanteur a prévenu qu’il ne fallait pas avoir trop d’espérance et attendre ce qu’il y avait de plus heavy ou thrash. Ils ont consciemment tenté de s’éloigner de ce qu’ils savent faire habituellement. Ce qui peut-être une très bonne chose, il ne faut pas rester sur ses acquis. Mais il faut aussi savoir s’imposer des limites.

http://www.nuclearblast.com/en/label/

https://www.machinehead1.com/

 

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