Interviews — 21 décembre 2017 at 11 h 00 min

[INTERVIEW] LOUDBLAST – Stéphane Buriez (chant – guitare) Jérôme Point Canovas (guitare)

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Salut les gars, je regardais, 32 ans de carrière, ça pique un peu, non ?

SB : Non, ça piquerait si on ne pensait qu’au passé. Mais on attire toujours du monde aux concerts, plusieurs générations de fans de metal . Loudblast, c’est une machine. C’est mon groupe. Je l’ai formé, j’étais au lycée, j’avais 16 ans et j’en ai fais un métier. Forcement avec des line up qui changent. Mais comme j’aime à dire souvent : c’est un vieux couple et comme dans un vieux couple, t’as des bons et des mauvais moments. L’histoire de Loublast c’est un peu ça. Tu regardes autour de nous, les gens qui sont là, notre équipe technique en l’occurence, est là depuis 20 ans. Hervé, on joue ensemble depuis 92. Quand tu mets tout ça bout à bout, c’est une grande histoire. C’est l’histoire de ma vie et je n’ai pas l’intention que ça s’arrête.

C’est un peu le leitmotiv des groupes ?

SB : On sait très bien que le marché de la musique à vraiment changé en 30 ans. On le connait  depuis cette époque là, on a grandit avec. On sait aussi que les choses changent car on a enfoncé pas mal de portes, faut pas l’oublier. T’es obligé de t’adapter, et après, pourquoi ne pas jouer aux Arts Bourrins? La semaine dernière, on a été jouer dans un petit festival dans les Pyrénées. On a roulé 12 heures. En fait on a passé notre weekend sur la route pour jouer une heure. Mais on le fait parce, quelque part, nous sommes les apôtres (MDR).

JPC : Ce n’est pas que ça. C’est une passion. Tu vis à travers ça. Quand tu es sur scène, c’est la que tu vis. Donc tu peux conduire pendant douze heures, même si demain on te demande de jouer à l’autre bout de l’Europe, tu vas y aller car quand tu es sur scène le temps s’arrête.

SB : Des fois, tu peux te dire : Putain on s’est fait chier pour pas grand chose. Mais en fait, ces « pas grand chose » mis bout à bout, c’est ce qui fait que Loublast est toujours là 30 ans après.

Tu disais que Loudblast est devenu ton métier, ton approche quant au management du groupe et ta façon de composer a-t-elle beaucoup changé au fur et à mesure des années?

SB : On ne va pas revenir sur mon grand âge, mais forcement, tu ne travailles plus de la même façon. Tu réagis différemment. Quand le groupe a commencé à être successfull, à vendre des albums, à faire 500/600 personnes par soir. Sans qu’on s’en rende vraiment compte. On n’était pas totalement conscient de ce qui était en train de se passer. Je ne peux pas te donner une explication rationnelle en disant : voila, j’ai programmé ça comme ça. On réfléchit forcement différemment parce que le groupe évolue. Il change aussi. Il y a toujours le noyau dur qui est Hervé et moi et pas question que ce soit autrement. Et Jerome est arrivé il y a quelques mois.

En parlant de Jérôme, a-t-il participé aux compos pour le nouvel album?

SB : Absolument, aujourd’hui d’ailleurs nous avons environ une quinzaine de morceaux

JPC : Si on commence à compter, on s’arrête plus, faut faire un double album.

SB : On va avoir au moins 20 nouveaux morceaux d’ici la fin de l’année. Cet été, j’ai beaucoup composé et je ne suis pas le seul. Loudblast, on dit que c’est le groupe de Stéphane Buriez. Je ne vais pas dire le contraire. Mais c’est un groupe dans lequel on partage tout, c’est a dire qu’on signe tous les compos, tout est partagé en quatre.

JPC : C’est important. Faut le marquer en gras. Car il y a des groupes qui ne le font pas. Loudblast le dit et le fait. 

Il est prévu pour quand du coup?

JPC : Fin 2018, je pense

SB : On va se mettre à maquetter à mort. On a beaucoup de morceaux, on a été très productif et qualitatif. Le successeur de Brutal Ground doit être encore un cran au dessus. La barre était déjà très haute mais il ne faut pas oublier d’où on vient. Et d’où on vient c’est « Disincarnate », « Sublime Dementia » et « Cross The Threshold ». Et ça, c’est ce que moi je sais faire de mieux. Et c’est ce que j’ai bien l’intention de remettre sur le prochain album avec ce que Jerome va amener, avec tout ce qu’on va pouvoir mélanger.

C’est important la cohésion de groupe?

SB : Je suis régulièrement en contact avec des anciens membres du groupe. Tu peux demander à Drakhian ou à Alex qui sont partis. J’ai gardé de super contacts. Drakhian, je l’ai eu au téléphone avant hier. On va aller se faire des trucs de cons, se bouffer des pizzas ou prendre l’apéro. Il n’y a pas ce truc de se dire : on joue plus ensemble, donc c’est plus mes amis. Frozen Moments et Burial Ground ont été des albums d’une renaissance du groupe grâce à eux. Donc, en aucun cas, pour moi, on a tourné une page.. Il ne faut pas oublier qu’en dehors de la musique, on a aussi nos vies. Et on passe beaucoup de temps ensemble sans faire de la musique, dans un camion, dans des hôtels, au téléphone, à s’envoyer des mails, c’est tout ça qui fait la symbiose. L’espèce d’alchimie qui fait qu’un groupe peut fonctionner dans le temps.

Est-ce que ton autorité naturelle a aussi un impact sur la gestion de Loudblast?

SB : On m’appelle le Hitler du death metal. (MDR) Plus sérieusement, ok je suis Stéphane Buriez, j’ai fais de la télé, j’ai fais un groupe, plusieurs groupes, peu importe. Avec Loudblast, ça ne se passe pas comme ça du tout. T’es dans Loudblast, t’es dans la famille, Jérôme peut t’en parler.

JPC : Ce n’est pas du tout comme on pourrait l’imaginer. En fait, quand tu es de l’extérieur, tu peux peut-être croire que c’est quelqu’un d’autoritaire. Quand j’ai débarqué dans le truc, j’avais l’image de quelqu’un qui dirige tout. En fait non, pas du tout. C’est quelqu’un qui part du principe qu’il te fait confiance. C’est important. Il te laisse une marge de manoeuvre. Après si tu fais de la merde, il t’enlève cette part de confiance. C’est normal. Il te laisse t’exprimer. Et ça, par rapport au statut de Loudblast, c’est quelque chose d’exceptionnel. Le groupe a un niveau et quand il intègre quelqu’un, il faut que ce soit qualitatif. Contrairement à d’autres groupes où on te dit de venir et, une fois que tu y es, tu n’y es qu’un interprète. Tu n’as pas ton mot à dire. Dans Loudblast, tu as ton mot à dire sur tout. C’est une famille. Tu as quatre gars sur scène et en dehors de la scène. C’est vraiment l’interaction. J’en suis le premier surpris. Tu es tout le temps consulté. Après, il gère la barque, faut pas se mentir. Tu sais que lui, il sait où il va. Tu suis mais il te demande toujours si tu es d’accord sur le cap.

SB : J’évite les pertes de temps sur certains dossiers. Un groupe ce n’est pas juste « tu viens jouer sur scène ». On est en tournée toute l’année, on a besoin d’avoir des partenaires, des gens qui nous suivent, qui vont nous amener le matos gratos si on a une merde à Dubaï par exemple. Donc un groupe ça ne s’arrête pas au fait de jouer de la musique. Gérer un groupe, c’est gérer une entreprise.

La box collector des 30 ans va bientôt sortir?

SB : Oui, c’est un bel objet avec le DVD des 30 ans. On y a ajouté quelques inédits comme le premier concert de Loudblast en audio. La qualité audio n’est pas top, c’est juste pour la trace. Il y aura aussi de l’audio que personne n’a jamais entendu. La box est vraiment magnifique. Listenable est vraiment un label de passionné. Moi je vois ce genre de box… Tu as un putain de flag magnifique, la pochette c’est une tuerie. On a bossé avec un artiste allemand qui a bossé pour Soulfly entre autre. Ca va être un truc de grand qualité car il n’était pas question de fournir un énième DVD. On est fan de métal. J’achète des t-shirts, je vais dans les foires aux disques donc je sais ce que j’attends. Je me dis que les gens qui écoutent notre musique, et le noyau dur du fan club, attendent ce genre de chose. 

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