Concerts — 17 octobre 2017 at 11 h 00 min

[LIVE REPORT] METALLICA – 8 et 10 Septembre 2017 – AccorHotels Arena, Paris

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Contrairement à mon collègue de Daily Rock France, je n’ai pas trop aimé le dernier disque des Mets. Je ne dis pas que c’est une sombre bouse, loin de là, mais aux côtés de la bombe thrash Hardwired qui ouvre brutalement l’album, ou Atlas, Rise !, on trouve trop de chansons inutilement longues et compliquées, malgré des riffs ou enchaînements intéressants…

Ceci dit, en gros fan des Four Horsemen, je me fais le doublé de Bercy 2017 (AccorHotels Arena pour les puristes). Si vous avez la flemme de me lire, vous pouvez aller en bas du report pour un « vendredi vs dimanche », et ensuite me descendre dans les commentaires si vous n’êtes pas d’accord.

La scène centrale est une configuration que je découvre, et que j’attendais de voir après avoir usé les DVD Cunning Stunts et Quebec Magnetic des heures durant. Pas de déception, la visibilité est bonne du bas des gradins où l’on est les deux soirs, et je pense que ça rend le show beaucoup plus intéressant pour la plupart des gens assis. Pour ceux qui sont en fosse, plus de linéaire en barrière, l’arrivée du groupe depuis les gradins de près pour peu qu’on soit du bon côté, du tout bon pour tout le monde !

Un petit mot sur l’ouverture par Kvelertak : de bons shows. Malgré des lights ultra basiques et un son vraiment bridé, le groupe joue bien, et je pense que vu l’excitation du public avant un gros concert d’un gros gros groupe, la performance est à saluer.

On passe au plat de résistance : les METS !

It’s a long way/Ecstasy of gold/Hardwired/Atlas, Rise ! : la grosse baffe ! L’excitation pendant le thème de Morricone et l’entrée au milieu de la foule pendant que la bande d’intro de Hardwired se fait entendre est assez monstrueuse, la réaction du public qui gueule « we’re so fucked », l’enchaînement direct avec le second meilleur morceau du nouveau disque, rien à dire, c’est parfait, direct, rapide, c’est Metallica.

Histoire de ne pas se reposer sur ses lauriers, le groupe « innove » en balançant Seek & Destroy en troisième morceau, et l’atmosphère au bout de seulement dix minutes de show est vraiment incroyable.

La suite varie d’un soir à l’autre : le vendredi c’est Leper Messiah/The Day That Never Comes, le dimanche Through The Never/Fade To Black (cette dernière, comme d’autres ensuite, interprétée par Kirk en utilisant Greenie, la Les Paul 59 ayant appartenue à Peter Green et Gary Moore, une pièce d’histoire sous nos yeux). Chacun ses goûts, personnellement j’ai vraiment bien apprécié Leper Messiah, qui sans être un inédit est très rarement jouée. The Day That Never Comes marche assez fort, comme quoi les chansons récentes des Mets marchent bien. Through The Never m’aura moins emballé, tandis que Fade to Black est clairement un grand moment.

S’en suit Now that we’re Dead, avec un espèce de délire de percus au milieu, avec les quatre membres du groupe. J’aime pas vraiment la chanson, donc le premier soir ça passe, et le second ça m’emmerde un peu. Après ça, le vendredi, c’est au tour de Dream No More d’être jouée. La chanson est assez pesante, et ça passe bien. Le dimanche voit par contre ManUnKind être interprétée pour la première fois de la carrière du groupe sur scène, petit moment d’histoire du groupe. J’aime bien le riff, et même si l’intro est complètement plantée par James, c’était bien cool.

A ce stade du show, les deux soirs, on a le droit à For Whom The Bell Tolls, une chanson bien lourde, et emblématique du groupe, qui remporte tous les suffrages. Les deux soirs également, ce titre est suivi de Halo On Fire. Je pense que c’est là un exemple criant de ce que je pense du disque. L’intro est sympa, les arpèges en clair m’entraînent vraiment, à la limite le refrain est correct, mais ensuite ça part dans tous les sens, sans vraie cohérence, donnant l’impression d’être un assemblage de riffs et arpèges, les transitions rythmiques assez brutales renforçant cette impression. Tout le contraire d’un Fade To Back, One ou Master of Puppets, qui malgré leurs structures parfois compliquées, nous embarquent vraiment dans une atmosphère leur étant propre.

Bref.

S’en suit le fameux « Kirk & Rob Doodle », cher aux fans qui usent LiveMetallica.com et Setlist.fm jusqu’à la moelle, avec Eye of The Beholder (à chaque fois on se dit qu’il vont la jouer, et à chaque fois c’est juste le boeuf…), et Antisocial le vendredi, l’occasion pour le POPB de chanter à tue-tête.

Une petite reprise maintenant : Last Caress des Misfits le vendredi, Helpless de Diamond Head le dimanche, faites votre choix, personnellement, j’ai préféré Last Caress, et Bercy aussi, par rapport à Helpless bien sympa mais interprété dans l’indifférence générale.

C’est maintenant au tour de Creeping Death d’être jouée, le vendredi, avec son rythme ultra rapide, et le passage des « Die ! Die ! Die ! » qui me file des frissons. Le dimanche, ce sera Fuel, un titre vraiment excellent de Reload, interprété avec conviction, et bien accueilli par le chapitre français de la Metallica Family.

Le dernier titre de Hardwired pour ce soir sera Moth Into Flames. Encore une fois, moyennement ma tasse de thé, mais bien reçue par la fans, comme la plupart des nouveaux titres. On voit des drones programmés faire une chorégraphie, et c’est assez bien fait. D’ailleurs, petite parenthèse sur l’aspect visuel du show. La scène est surplombée de cubes sur lesquels tous types de vidéos et animations sont projetés, et pouvant monter et descendre, c’est pas mal. Niveau lights, par contre, on touche au sublime. J’ai trouvé le show visuellement très intense, et ces lights, couplés à la présence scénique des trois membres « mobiles », habitués à couvrir ce type d’espace, sont assez imparables.

On approche de la fin, et là, pas de quartier ! Sad but True/One/Master of Puppets, prends ça dans ta face ! Quelle efficacité, le public réagit incroyablement et le groupe est au sommet. Pas besoin d’en dire plus.

On entame déjà les rappels, avec une vieille brique comme de coutume sur cette tournée. Blackened le vendredi et Fight Fire With Fire le dimanche, deux morceaux ultra rapides, du grand Metallica !

L’enchaînement Nothing Else Matters/Enter Sandman conclue le set en beauté. Deux tubes qui parlent également aux non-métalleux, emblématiques du groupe, et faisant partie de l’histoire du rock, un beau point final à deux soirées superbes.

Et donc là, vient le moment de départager…

Ambiance : Vendredi sans hésiter. Le public du vendredi semblait beaucoup plus réactif, et nous sommes sortis trempés du vendredi, et pas le dimanche, ayant été en tribunes à deux endroits relativement similaires. Je concède que, les ayant vus deux fois en trois jours, ça venait peut être aussi de moi.

Setlist : Vendredi sans hésiter également, mais ça c’est subjectif. Leper Messiah/Blackened, plus Antisocial… Par contre, à l’instar d’un Springsteen, même si les changements ne font pas toujours des heureux (j’aurais adoré Damage Inc, comme à Amsterdam quelques jours plus tôt…), un grand merci au groupe qui fait l’effort de varier ses sets, et de proposer quelque chose de différent. Tous ne le font pas.

Prestation du groupe : franchement, kiff kiff. A ce niveau là, le groupe est tellement pro et carré que j’aurais du mal à dire que la prestation a été meilleure un soir. Gros niveau le vendredi et le dimanche, et puis c’est tout !

Le grand moment de la soirée : le vendredi, sûrement Blackened. D’ailleurs le gars devant moi gueulait Blackeeeeeened entre les morceaux, pendant deux heures, c’est beau d’y croire. Mais quelle claque une fois que le riff résonne dans la salle ! Le dimanche, Master of Puppets. L’interprétation a été parfaite, les planètes étaient alignées, c’était parfait.

Le gars en vue : le vendredi, James ! Le Alpha Male, le gars qui attire les regards, le gars qui a un marteau piqueur à la place du poignet. On ne voyait que lui. Le dimanche, Kirk. Souvent « moqué » par les mecs qui ont besoin de s’inventer une street cred en vénérant des inconnus parce que le mainstream c’est de la merde, il a fait taire les rageux. Pas une note à côté, une banane d’enfer tout le long du show, ça fait plaisir. Par comparaison, James semblait plus en dedans, et mon pote qui était à la barrière a confirmé qu’il tirait la gueule entre les morceaux aux changements de guitare, peut-être malade…

La conclusion : Metal up your ass !

Note de la rédaction
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