Concerts — 6 juillet 2015 at 4 h 21 min

[Live report] HELLFEST 2015 (Par Julien)

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feu d'artifice HF 2015

Enfin ! Depuis le temps que j’attendais ça, j’ai enfin pu mettre les pieds au Hellfest. Si l’enfer ressemble à ça, je signe tout de suite ! A peine arrivé qu’on se sent chez soi et on veut seulement y rester. J’ai été vraiment impressionné par tous les moyens mis en place pour faire de ce festival une sorte de parc d’attractions, sauf qu’ici les « grands huit » sont d’excellents groupes. A peine passée la pose des bracelets, je m’en vais découvrir cet endroit et m’éclater comme jamais.

Vendredi – Jour 1

C’est avec Sodom que commence ma journée. Oui je sais c’est un peu tard, mais on fait ce qu’on peut. Comme beaucoup d’autres groupes durant le week-end, je vais vraiment les découvrir. Maintenant je ne peux plus dire que je les connais surtout de nom. Et c’est tant mieux ! En les regardant, j’ai réalisé qu’ils pourraient être mes parents. J’ai donc aussi réalisé que ce style de musique ne prend pas une ride. Le groupe vieillit, mais ça ne se voit pas tellement car ils ont envoyé du lourd. Mes premiers Headbangs du week-end, ça fait du bien.

Et maintenant je me place pour un groupe que je tenais absolument à voir, Motörhead. Lorsque que j’avais vu le nom du groupe sur la programmation, je m’étais dis « Je vais enfin entendre le légendaire Lemmy ! ». Alors mettons les choses au clair ! Oui Lemmy vieillit, oui il n’a plus autant d’énergie qu’avant, mais il est toujours sur scène ! Il a quand même 70 ans le type. Je comprends que ce soit triste pour les fans de voir son idole se fatiguer. Personnellement, non seulement je suis très content de l’avoir vu, mais surtout je le respecte car, même avec sa santé qui se fragilise, il continue. Bien sûr il y a le reste du groupe qui a assuré. J’ai été complètement ébloui par le solo de batterie de Mickey Dee. C’était fabuleux, rien que d’y repenser j’en ai des frissons.

Après m’être un peu baladé et bu une bière pour me réhydrater, je retourne vers les Mainstage pour assister à du grand spectacle. Le roi du Shock Rock : Alice Cooper. Ce concert était gigantesque ! Je m’attendais à voir quelque chose de très théâtral avec les décors et les costumes et surtout la mise en scène. Je n’ai pas été déçu, une vraie folie. Ce type ne s’arrête pas, il a enchainé les titres sans faire de pause, et pas n’importe lesquels : No more Mr Nice guy ; Poison ; Schools Out… Et puis ce que j’attendais par-dessus tout pour ce concert, c’était la scène de la guillotine. Je me suis senti comme un gamin en voyant ça. J’avais beau connaitre le truc, comme c’était la première fois que je le voyais, j’étais sur un petit nuage. Je ne risque pas d’oublier ce concert.

Moi et le Black Metal c’est une relation plutôt compliquée. Il m’arrive de trouver quelques titres sympas. Mais Satyricon est probablement le seul groupe de Black pour lequel je peux exprimer une certaine attirance. Je les connais assez peu mais ils m’ont fait un sacré effet, malgré le fait que cette première journée en enfer m’ait pas mal fatigué. Plus j’y repense et plus je me dis que j’ai été très agréablement surpris. Je suis arrivé devant la Temple en me disant juste « on va voir ce que ça donne ! » et je suis reparti avec la joue rouge tellement la claque était puissante. Le groupe avait une super énergie face à un public vraiment réceptif. Puis le concert s’est terminé sur « King » qui m’a réveillé un bon coup. Il faut quitter la Temple pour aller voir Judas Priest qui vient de commencer.

Je m’en doutais, et c’était facile à prévoir, une énorme foule s’était rassemblée pour les vieux rosbiffs. Obligé de regarder de loin, heureusement qu’il y a les écrans sinon je n’aurais rien vu du tout. Pour Judas Priest j’y suis allé sans grande conviction, c’était juste pour me dire que je les aurais vu. Je n’ai jamais été fan du groupe, il n’y a que quelques chansons que j’aime bien, les grands classiques tels que « Painkiller » par exemple. Quand celle-ci est venue, je n’ai pas pu m’empêcher (comme beaucoup d’autres) de pousser la chansonnette. J’ai quand même trouvé que le groupe était un peu mou. Mais c’est comme pour Motörhead, ils sont toujours sur scène et je respecte ça. Je suis quand même content de les avoir vu, ça aurait été dommage de rater ça, surtout le moment où Halford arrive sur scène sur sa grosse bécane. Je dois avouer que ça m’a plutôt amusé.

Et pour finir cette longue journée direction Slipknot. Ce groupe était très attendu. Comme il s’agit du premier groupe de Metal que j’ai écouté, j’étais moi-même assez impatient, alors que pourtant j’avais arrêté de les écouter depuis longtemps. Bien sûr je m’y suis dirigé en étant assez exigeant. Je voulais m’en prendre plein la tronche, que mes tympans soit explosés. Et bien non, je me suis un peu ennuyé. Et cela malgré des titres que j’attendais comme « The heretic anthem » ou même « Before I forget ». Alors soit mes goûts musicaux ont tellement évolué que j’en ai plus rien à faire de ce groupe, soit ils ont mal vieillis. Et je pense que c’est un peu des deux. Je trouvais que ça manquait d’énergie, alors que pourtant j’entendais plein de fans qui ne s’arrêtaient pas de chanter à chaque titre. Donc oui déçu, mais il fallait que je les vois au moins une fois.

Samedi – Jour 2

Pour cette deuxième journée pas énormément de concert, je continue de découvrir le festival car peu de groupes m’attiraient vraiment. Mais elle n’en est pas moins riche en émotion.

Je commence donc par Prostitue Disfigurement sous la Altar. Avec un nom comme ça on ne peut qu’attirer l’attention. Et je me dirige donc joyeusement vers le concert qui venait à peine de commencer. Quoi de plus brutal que d’aller voir du Brutal Death entouré de Blanche-Neige et d’un bonhomme avec un gigantesque papillon dessiné sur tout le dos (respect mec !). Le seul moment où je peux éventuellement apprécier cet art c’est justement en live. En écouter tout seul chez moi ne me branche pas plus que ça. Et j’ai en effet passé un bon moment qui m’a permis d’échauffer ma voix pour le reste de la journée. C’est tout pour ce midi, on va boire un coup et casser la croûte !

On m’en avait dit beaucoup de bien, et depuis que je les ai découvert je les adore, mes hard rockers préférés, j’ai nommé Airbourne ! Ce que c’était bon ! Ils ont une patate d’enfer, ça secoue bien comme il faut. On démarre direct avec « Ready to Rock », parfait pour entamer le set. Mais que se passe-t-il ? On n’entend plus rien. Ah bah, oui la sono a encore lâchée ! Petit bug qui heureusement n’a pas duré longtemps. Je reprocherais peut être juste une petite chose de rien du tout, j’ai l’impression qu’ils n’ont pas beaucoup joué de morceaux de l’album Black Dog Barking. Alors soit ma mémoire est défaillante à cause du soleil qui me tapait sur la tronche, soit j’ai raison et c’est dommage car cet album est rempli de super titres que je voulais absolument entendre. Mais dans tous les cas, une heure d’Airbourne ne m’a pas suffit. A la fin j’en voulais encore et j’ai bien l’intention de les revoir !

Je suis loin d’être fan, c’est ma curiosité d’apprenti guitariste qui m’a poussé à y aller, direction la Mainstage pour Slash. Il est vrai que ça aurait été dommage que je n’aille pas voir un guitariste possédant une telle renommée. Alors j’écoute, j’essaye de me mettre dedans, mais non ça le fait pas, je ne suis toujours pas convaincu. C’est trop mou pour moi. Ok c’était le guitariste des Guns ! Ok il a pondu des supers riffs à cette époque ! Dans tous les cas, je trouve qu’il a un style trop gentillet.

Non de Zeus, j’ai vu les ZZ Top en concert ! Si je n’y étais pas allé j’aurais tout simplement mérité la fessée. Voir ces légendaires barbus c’est une sorte d’accomplissement. Voir Billy Gibbons nous sortir les plus grands riffs du groupe et entendre sa voix pour de vrai, tout ça a chatouillé mes oreilles. Ca n’a pas pris une ride. La moindre note suffit à se laisser emporter sur les rives du blues et du rock. Un moment de pur bonheur ! J’espère avoir l’occasion de les revoir.

En attendant Scorpions je m’en vais faire un tour de grande roue admirer un super coucher de soleil au dessus de milliers de rockeurs. Mais qui vois-je monter dans la roue pour une séance photo avec sa gratte ? Mais oui c’est bien lui, Rudolf Schenker à seulement quelques mètres de moi ! Dommage, pas le temps de prendre une photo.

Encore un peu de patience avant Scorpions. Il y a d’abord le feu d’artifice ! 15 minutes absolument exceptionnelles. Le meilleur feu d’artifice que je n’ai jamais vu. A croire que le bouquet final a duré 15 minutes. Un grand moment d’émotion lorsqu’on est éblouit pas les artifices explosant au son de « Thunderstruck » de « Bohemian Rhapsody » et de « South of Heaven ». Bref, magnifique.

J’étais parfaitement placé, ni trop près ni trop loin, juste là où il faut. Alors à tous ceux qui disent « Ouais bah Scorpions maintenant ça vaut rien, c’est juste des vieux qui font croire qu’ils vont s’arrêter et qui sortent un album pour se faire du blé ! » : c’est quoi votre problème ? Ouais c’est des papys ! Mais les papys, ils m’ont foutu une de ces claques, je m’en suis à peine remis. Et encore rien que le fait d’y repenser me rend tout chose. Peut-être que ça vient du fait que je vais sur mes 20 ans et que du coup je n’ai pas le même recul que ceux qui ont grandi avec ce groupe, mais j’ai vraiment passé un excellent moment. J’ai assisté à un incroyable show, du pur Rock N’ Roll ! 50 ans que Scorpions existe et ils sont toujours bien piquants. Le groupe était au top, ils se sont vraiment donnés à fond. Puis alors ils n’ont pas juste joué de la musique, ils ont réussi à me faire entrer dans un autre monde. C’était comme si il n’y avait plus rien autour de nous. Impossible de se retenir de chanter sur les bons vieux titres qu’on adore tous, comme « Wind of change » où là j’avais presque la larme à l’œil. Cette chanson est magnifique, mais alors là on a atteint des sommets. C’est passé à une vitesse, heureusement il y a eu le rappel pour s’en reprendre une couche. « Still lovin you » et « Rock you like a hurricane », comment ne pas adorer ces chansons ? Ca sentait l’amour. Chaque chose a une fin, mais là c’était une super fin.

Bon aller encore un et la journée sera finie. Et là aussi y avait foule. La première fois que j’ai entendu parler de Marylin Manson on m’a dit : « Ce taré sur scène il saute sur des boites remplies de poussins ». Mais que nenni. D’où a bien pu venir une telle connerie ? D’accord c’est un personnage très particulier que beaucoup qualifient de « connard ». Mais c’est selon moi le but de ce personnage. Ce qui est sûr, c’est qu’il n’a rien fait de bizarre ou de stupide, il a même chanté pour l’anniversaire de son batteur, je trouve ça mignon. Trêve de plaisanterie ! J’ai bien fait d’aller le voir. Il a envoyé du lourd le gaillard, mais j’ai quand même l’impression qu’il se fatigue vite. Il nous a bien fait attendre entre chaque chanson, trop justement. La chanson était finie et Hop il sort de scène et revient un petit moment après. Des petits moments d’absence mais quand c’est durant tout le concert à ce rythme, c’est dommage. Mais voilà, ça aurait été bête de rater ça, car il a créé de super titres comme « Rock is dead » que j’ai beaucoup apprécié.

Dimanche – Jour 3

Comment ça c’est le dernier jour ? Déjà ? Ah bah oui ça y est, plus que quelques concerts et ce magnifique week-end en enfer sera fini. Alors on en profite jusqu’au bout, et on fonce se péter la nuque !

Voilà un groupe qui me fait bien marrer, Red Fang. Brandissez vos bières et laissez-vous planer sur cette douce musique. Un peu de Stoner pour commencer la journée c’est parfait. Dommage le concert n’a duré qu’une quarantaine de minutes. Puis il est vrai que j’espérais quelque chose d’un peu plus dingue, mais peut-être que cela vient justement du fait qu’il n’ait pas eu beaucoup de temps. Mais j’en suis quand même très content, à revoir.

Je dois avouer que j’ai eu un petit coup de mou, mais j’avais prévu d’aller faire un tour sous la Altar pour découvrir The Crown. C’était exactement ce qu’il me fallait pour me secouer un bon coup et me remettre en forme, une bonne grosse dose d’un subtil mélange de Death et de Thrash. Verdict : une très bonne découverte ! Ils ont sérieusement envoyé du lourd, des riffs bien puissants avec de très bons solos et un chanteur apparemment au top de sa forme. Je n’ai absolument rien à redire, le concert était vraiment excellent. Mais ça y est c’est fini il faut que je fonce vers la Warzone pour les Ramoneurs de Menhirs qui sont sur le point de commencer.

A peine sorti du Kingdom of Muscadet, une immense foule se dirige vers la Warzone. J’avance donc péniblement, tentant de me frayer un chemin au plus près possible cherchant à au moins voir la scène. Et bien non, impossible de voir la scène, ou en tout cas pas mieux que son profil. Je n’ai donc pas la moindre idée de comment était la scène, l’espace dédié à la Warzone est apparemment trop petit pour contenir cette joyeuse troupe de furieux. En même temps on est entouré par les vignes, on peut pas les enlever quand même ! Je me contente juste d’écouter. Mais c’est quand même pas de bol, car depuis le temps qu’on me disait « Faut absolument que t’ailles les voir ! ». C’est à moitié fait du coup. Va falloir que je me rattrape une prochaine fois, car c’était vraiment super, mes oreilles ont adoré.

Cette fois j’ai plus de temps, je vais faire un petit tour avant de me placer de manière stratégique pour pouvoir enchainer Cavalera Conspiracy et Epica. Et encore une fois j’entends tout le temps des gens dire « Max Cavalera c’est plus ce que c’était, etc. » Peut-être que c’est vrai, mais ça m’a pas empêché de m’éclater. Fallait absolument que je vois cette super star. Puis alors voilà que d’un coup le grand Max nous demande si on veut du bon vieux Sepultura. Hellyeah ! Et c’est parti pour des titres comme « Refuse/Resist » ou « Territory ». Mais quel pied ! Evidemment impossible de se retenir de chanter. Le show continu et là, qu’est ce que j’entends ? Le riff de « Walk » ! J’étais aux anges en entendant ça, étant fan de Pantera un frisson a parcouru mon dos comme jamais. Manque de pot, le set se termine un peu en avance car la sono a encore planté. Ca reste un excellent souvenir.

C’était la deuxième fois que je les voyais, Epica dans toute sa splendeur. Le groupe était en super forme, c’était génial voir même parfait. Y a pas à dire, je suis fan. La belle Simone m’a encore ébloui avec sa superbe voix. On voit bien que sur scène ils s’éclatent et ça fait bien entendu plaisir à voir. Les titres s’enchainent parfaitement, on n’a pas le temps de s’ennuyer car on ne voit pas le temps passer. On a eu le droit au classique « Sancta Terra » mais surtout à beaucoup de Quantum Enigma. Cet album est à la base d’une très grande puissance, mais en live c’est une vraie folie. Je ne crois pas que je puisse me lasser de ce groupe, ou en tout cas pas en concert. Bref, à consommer sans modération.

C’est bien beau tout ça, mais toutes ces émotions ça creuse. Je m’en vais manger un morceau et profiter d’une longue pause dans mon programme pour continuer de découvrir ce que j’aurais pu manquer, et aussi admirer les superbes danseuses au-dessus du bar. Mais il faut faire un choix. A la même heure il y a Superjoint Ritual et Arch Enemy. D’un côté un de mes chanteurs préférés qui apparemment revient tous les ans, et de l’autre un groupe que j’adore depuis leur dernier album avec Alissa White-Gluz, car oui je la préfère largement à Angela. C’est décidé, direction la Altar pour Arch Enemy !

Une chose est sûre, je ne regrette pas mon choix. C’était de toute beauté. Idéalement placé pour pouvoir admirer le groupe, j’en ai pas raté une miette. C’est tout simple, vous prenez les albums d’Arch Enemy et vous multipliez leur puissance par 100. L’une de mes plus belles séances de headbang pendant une heure. Mais franchement la belle Alissa ne cesse de m’épater par son chant. Un growl parfait, on dirait qu’elle ne fournit presque pas d’effort pour chanter comme ça pendant une heure. Elle a l’air infatigable. La seule petite chose que je reproche, c’est la répartition des sons. J’étais du côté où Michael Amott jouait et je l’entendais parfaitement, par contre son collègue Jeff Loomis qui était de l’autre côté de la scène je ne l’ai quasiment pas entendu. C’est surtout dommage pour les solos, je ne pouvais pas en profiter à 100%. Je fais au groupe le même compliment qu’Alissa a fait au public : « Vous êtes génials ! ». On lui pardonne, elle est québécoise.

Dernier concert de ce fabuleux week-end, je reste dans le mélodique avec Nightwish. Je suis arrivé un tout petit peu en retard car les horaires se chevauchaient. Ca fait très longtemps que je n’ai pas écouté ce groupe, et c’est fort dommage. Avec le temps mes goûts ont changé et j’apprécie beaucoup plus qu’avant le mélodique. J’ai admiré le show de loin à cause de la foule présente. Malgré la distance, c’était un vrai plaisir pour les sens : une belle scène avec des effets pyrotechniques forts sympathiques, et une musique tout aussi superbe. Encore une fois j’en entends dire que c’était mieux avant Floor Jansen. Personnellement je ne peux pas comparer car je ne connais pas assez le groupe, mais franchement faut arrêter de vivre dans le passé. Il faut accepter le changement. Floor Jansen a une très belle voix, le groupe avait l’air de se donner à fond, il n’y a aucune raison de se plaindre.

Et voila cette dixième édition du Hellfest touche à sa fin. Première fois que j’y venais et ce ne sera sûrement pas la dernière. Je suis déjà en manque. J’ai eu l’opportunité de voir des groupes légendaires et de faire de bonnes découvertes aussi, bref un week-end sans fausse note. Vive le Hellfest et vive le Metal. A l’année prochaine les furieux !

Note de la rédaction
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