Concerts, Made In France — 29 juin 2017 at 9 h 51 min

[LIVE REPORT] – Festival des Artefacts – 25 Juin – Zenith de Strasbourg (67)

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Quelle est dure la vie d’un programmateur musical ! 
 
Si l’affiche de l’an dernier avait réuni les foules en masse, bien boostées par la (non)venue de Motorhead et la présence de Volbeat, attirant le public allemand en nombre, c’est devant une audience beaucoup plus intimiste (2500 au meilleur de la journée) que se déroule cette 2eme journée des Artefacts 2017. Situation très imméritée à la vue de l’affiche certes moins tape à l’oeil, mais à mon sens beaucoup plus homogène et de qualité que l’an passé.
Enfin 2eme journée…. plutôt la seule et unique. La séance de la veille ayant été annulée. Bilan de tout celà, une configuration réduite sans zone nourriture externe, pas d’exploitations des alentours du Zenith et une salle réduite à sa plus simple expression.
 
C’est donc dans cette ambiance quelque peu étrange que s’ouvre le set de Royal Republic devant une fosse lègerement garnie, à une heure précoce (« good morning ! » sera les premiers mots du frontman) pour le seul groupe rock de la journée. Comme l’an dernier avec leurs compatriotes suédois de The Hives, le groupe scandinave s’en sort plus qu’avec les honneurs, de par leur energie communicative et un sens de la scène non négligeable. Mention spéciale pour la fin du set en mode « request » ou le groupe reprend  »Ace of Spades » de Motorhead et  »Battery » de Metallica au pied levé. Chapeau ! 
Place ensuite aux irlandais pas vraiment fan de U2 de Flogging Molly. Que dire ? En retard après 40 minutes de pause, les irlandais font de l’irlandais en mode cliché (mais moins bien que les Dropkicks par exemple), du typique en accéléré en somme. L’enthousiasme du groupe ne fait pas oublier le côté très répétitif de l’ensemble surtout sur 1h10, où le temps devient rapidement long, en même temps la salle se remplit pour Anthrax. Finalement le show sera écourté à 1h pour rattraper le retard. Un bon show mais rien de mémorable tant une chanson ressemble à la suivante, à la variation flute / accordéon près.
Show écourté donc car l’un des 4 monstres sacrés du Big Four est annoncé, Anthrax ! Si la foule s’accumule rapidement pour découvrir l’animal chevelu, le début du set laisse la fosse un peu sceptique. Il faut dire que pour un néophyte, la musique d’Anthrax (et ce style musical en général) n’est pas le plus évident. Très technique, rapide, à grand coups de riffs et de solos, le show détonne avec la mode actuelle des rugissements et morceaux courts. C’est donc sans étonnement qu’à l’exception des grands classiques de fin de sets (indians….) que  »Breathing Lightening » issu du dernier album, plus dans l’air du temps, sera le morceau le plus acclamé. Déception pour la foule, la reprise absente d’ »Antisocial » de Trust. Une surprise se préparerait-elle pour plus tard ?
L’ambiance s’assombrit avec les preparatifs de Powerwolf. Powerwolf ? La passion de nos voisins allemands pour le métal résumé en 1h10. Stars dans leur pays où ils squattent les charts teutons, les Powerwolf, autour d’une mise en scène non sans rappeler Ghost, proposent une sorte d’Easy-metal parfaitement calibrée. Très mélodique, taillée pour les stades où chaque refrain peut être chanté en chœur, survitaminé aux solos et grosses guitares, le set de Powerwolf s’écoute avec plaisir mais sans vraiment grande attention tant la formule est rapidement comprise. Difficile de dégager un titre, à part bien sûr « We Drink Your Blood ». Un set  au final très agréable donc, le plus convaincant de la journée et très accessible pour le grand public. Sont forts ces teutons ! La palme de la journée (et du fou rire) revient à Attila Dorn, frontman des germains, qui, entre son accent terrible de la ruhr ( Strasbourrrrrrrrrrg), son sens du jeu avec la foule tout en humour (, »ouh, ah, mouais pas terrible », « je parle un peu français et…. un peu anglais » lui qui chante en anglais justement). Un modèle du genre, chapeau !
 
Parlons en de l’accessibilité tiens. Mastodon vient se poser à l’extreme inverse (curieux d’ailleurs de les avoir combiné avec Powerwolf). Déjà compliqué à suivre sur galette (même si le dernier ‘Emperor of Sand » les rapproche du public non initié), la musique des ricains reste difficile à suivre à la première écoute. Surtout avec un son aussi catastrophique, où comprendre les paroles, bouchons ou non, est une aventure en soi. Les regards circonspects en disent longs sur les avis de la foule. Difficile donc de profiter du set, même si les derniers titres arracheront quelques applaudissements. D’autant que la communication avec la salle semble être un détail pour le groupe qui se limite au strict minimum. La grosse déception de la journée.

On termine donc avec la tête d’affiche, française donc, Trust. Si ce positionnement déjà contesté sur les réseaux sociaux pouvait étonner (et plomber les ventes allemandes), la prestation de la bande à Bernie Bonvoisin ne donnera pas tort à la foule 2.0. Les qualificatifs manquent quant à la prestation du groupe culte des années 80. Si on oublie le premier miracle (ils n’ont pas annulé), l’état du frontman à sa montée sur scène fait craindre le pire. Bob et lunettes sur la tête, le demi-mètre carré utile servant à son micro et son prompteur, Bernie tient difficilement debout haranguant la foule de temps en temps avant de reprocher au public des gradins de rester assis (beaucoup d’allemands curieux restés par curiosité). Gradins qui se videront assez rapidement devant notamment la setlist plus que curieuse où seuls 3 classiques viendront égayer le set. On a alors une énorme pensée pour Nono qui fait le job et tient la baraque à lui tout seul. Car entre un Bernie arrogant et un second guitariste qui traine sa peine sur la scène  tel un zombie sur amplis, le guitariste est bien le seul à la hauteur de la renommée de Trust. Comme tout le monde, on attend péniblement la fin pour avoir droit à  »Antisocial », qui sans surprise sera joué avec les Anthrax. Reprise dans sa version anglo-saxonne qui du coup donne un refrain différent « we are antisocial », le titre rejouit les différentes générations présentes. Pas grand chose d’autre à retenir que cette conclusion. 

Au final un grand coup de chapeau aux équipes des Artefacts qui malgré le contexte, les ventes difficiles et les attentats, continuent à proposer (comme à la Laiterie) une affiche de qualité, moins tape à l’œil et habituelle que plusieurs festivals où on voit toujours les mêmes têtes ! A l’année prochaine 🙂 
 
 

Note de la rédaction
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