Concerts — 4 juillet 2017 at 11 h 00 min

[LIVE REPORT] Download festival – 9 . 11 / 06 – BA 217 Plessis-pâté – Bretigny Sur Orge (91)

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Après une arrivée sur les chapeaux de roues, suite à un bouchon monumental à quelques kilomètres de l’entrée du festival, tout rentre dans l’ordre et la journée peut enfin commencer. Ce léger contretemps me fait toutefois louper les deux premiers groupes sur les scènes principales, Mallory Knox et Pierce the Veil.

Mon festival commencera donc avec Raveneye, un trio explosif qui conquis le public. Le guitariste et sa tignasse en plein visage enchaînent les riffs en compagnie d’un bassiste chauve, qui lui balance un rythme enragé. Ce combo envoie du lourd mais ne me transcende pas pour autant.

Les norvégiens de Kvelertak (signifiant : mainmise, étranglement ou étouffement) jouent un heavy métal très brutal qui se rapproche plus du black métal. Erlend Hjelvik, chanteur du groupe, entre en scène affublé du masque de hibou et de manière théâtrale mène le show durant près d’une heure.

La fin d’après-midi s’annonce bien, le soleil commence à toucher l’horizon et inonde de ses derniers rayons la mainstage 2, scène où se prépare Dinosaur Jr., ce que j’appellerais mon coup de cœur et ma découverte musicale du jour. Ces ‘’dinosaures’’ ont de la bouteille, car c’est depuis 1984 que ce groupe arpente les routes musicales. Après une pause en 1997, ils reprennent leurs instruments et depuis 2005 Dinosaur Jr. est actif pour le plus grand bonheur des connaisseurs. Le public ne s’y trompe pas et reste attentif au son de J. Mascis, guitariste talentueux et chanteur du groupe. La basse quant à elle, tient le choc sous les mélodies ‘’frappées’’ de Lou Barlow. Bref, un beau moment en ce premier jour du Download Festival.

Si vous vouliez vous faire secouer ou slamer, il fallait être présent pour le concert des américains de Hatebreed. Du pur métal bien ficelé. Une heure de gros son…purée que c’est bon !

On ne présente plus Gojira, le groupe joue chez lui et ça envoie du lourd. C’est carré et bien mené par Joseph Duplantier, chanteur-guitariste du groupe. Les fans l’attendait et n’ont pas été déçus.

La scène ‘’Warbird stage’’ clos la journée avec l’electro dark des canadiens de Skinny Puppy. Super moment théâtral et photographique. Ça fait plaisir !

Mais en fait, pour cette première journée, la majorité du public est venue pour voir Blink-182 et Linkin Park. Habitué au soleil californien Blink-182 a joué face au coucher du soleil du Download. Leur rock atlernatif à tendance punk n’a pas vieilli d’un poil. Belle énergie pour ce groupe aux 25 ans d’existence, de quoi faire remonter quelques souvenirs d’une adolescence déjà lointaine…

Linkin Park laisse une impression mitigée auprès du public. Le monde se presse pour les voir ou les revoir…mais bon nombre quitte la grande scène au bout d’un moment pour rejoindre, justement la petite scène ou Skinny Puppy joue en même temps .

Une belle première journée, qui fait promettre de grands moments pour la suite, s’achève…

 

C’est parti pour le deuxième jour, le soleil cogne déjà alors qu’il est seulement 12h30…température annoncée 30°….

Black Foxxes ouvre les festivités. Bon, débuter un concert par une reprise n’a rien d’engageant…et effectivement, ces quarante minutes de concert ne resteront pas dans les mémoires.

 

14h, la grande scène accueil les jeunes brésiliens du nom de Far from Alaska. Sur ce coup là, ça démarre fort! L’énergie et la bonne humeur que dégage Emmily Barreto, chanteuse du groupe, fait que le public, connaisseur ou pas, se laisse emporter dans ce tourbillon électrique. Hypnotisés par tant de fraîcheur, n’oublions pas la suite du programme de la journée.

Passage par la ‘’petite scène’’, où Lonely the Brave nous propose un métal bien posé. Parfait pour la transition des ‘’grandes scènes’’.

Le ton monte d’un cran…DevilDriver entre en scène. Ces californiens à l’allure viking annonce la couleur. Du métal pur et dur. Ça envoie du lourd, et ont en prend plein les oreilles.

Alter Bridge, remet de la mélodie dans le métal. Les festivaliers le savaient et répondent présent devant la scène. Myles Kennedy en meneur, le sait bien, il plait et sa musique plait aussi. Très bon choix d’avoir fait une halte au Download durant leur tournée.

Changement de style avec les Blues Pills qui nous font vivre un petit retour dans le passé avec leur rock seventy. Chanteuse charismatique à la longue chevelure blonde (et elle en joue bien), Elin Larsson, pile électrique venue de Suède, propage son énergie au fil des morceaux. C’est sans compter sur le flegme du guitariste qui enchaine des solos magistraux avec pour seule mimique un basculement de tête ou encore un petit levé de bras ‘’so english’’!

Autre chevelure flamboyante, celle de Simone Simons. Adepte des festivals, le métal symphonique d’Epica fait toujours très bonne impression. Cette voix d’ange au milieu des cinq diables qui balancent des riffs sortis des enfers, donne une belle alchimie qui s’écoute agréablement une bière à la main.

Les scènes annexes regorgent de découvertes. Touché Amoré, groupe américain de Californie, nous propose un hardcore tant tôt mélodique, tantôt post, ce qui rend leur musique très technique et pas très désagréable à l’oreille. A suivre…

Avec Paradise Lost on rentre dans le vif du sujet. Ce ne sont pas des jeunots…ils ont près de trente ans d’expérience dans le domaine et ça se sent. Leur heavy metal poussé à l’extrême est joué de manière très propre. Ça sonne bien…très bien même.

Ceux-ci sont heureux d’être là, je parle des Five Finger Death Punch (5FDP). Une main couleur sang peinte sur le visage du chanteur ressort sous les rayons du soleil. Encore une découverte (pour moi) qui en dit long sur l’avenir du metal au sens large du terme.

Ils auraient mérité d’être sur la grande scène. J’en ai pour preuve le monde qui a afflué pour voir Soilwork. Ça déménage et les slames font bons ménages avec les invitations du chanteur à remuer le public.

C’est avec un peu de recul que je me suis intéressé à Slayer. Dinosaure des dinosaures des festivals, la machine bien huilée du trash metal menée de main de maitre par Tom Araya, fait toujours son effet.

Tout le monde les a attendu et ils sont là…System of a Down, clou de cette magnifique deuxième journée du Download Festival. La magie opère, durant une heure trente. Leur musique aux rythmes cassés, aux contretemps tellement improbables fait de System of a Down un groupe à l’écart de la ligne pur du rock. Les mélodies s’enchainent, c’est un pur moment de bonheur. Même les réticents se laissent prendre au jeu, c’est la force de System of a Down. Carton plein pour le festival qui annonce cette journée pour ainsi dire complète.

Mais ! il ne fallait pas les oublier, car jouer pendant que System of a Down fait son show, n’était pas chose facile, Caliban l’a fait et bien. Finir la soirée sur du metalcore ça a aussi du bon. Venu d’Allemagne, Caliban trace sa route depuis 1997 et s’offre ce petit luxe de jouer le même soir (mais en même temps) que System of a Down. Longue vie à eux.

C’est donc plein les oreilles et les yeux que chacun retrouve sa tente, son hôtel ou son chez lui, afin de se retaper pour le troisième et dernier jour du Download festival.

Rien de change…30° avec quelques nuages qui ne feront même pas de mal au soleil dominical du dernier jour du Download.

13h30, c’est reparti. Et déjà mon coup de cœur du jour a pointé le bout de son nez. TesseracT, avec son rock progressif très pointu, m’a fait penser qu’ils étaient dans la lignée de Dream Theater. Dommage qu’il failler aller sur la prochaine scène pour la suite.

La suite fut bonne aussi avec Leogun, trio anglais de rock alternatif. Excellents musiciens qui nous emmènent dans leur univers en deux accords. On se laisse prendre à regarder les mimiques du guitariste, tant il est imprégné par ce qu’il fait.

Le soleil brille aussi sur la scène couverte avec Red Sun Rising. Ça chauffe même. L’effet grunge se propage vite sur le public qui apprécie à sa juste valeur ce que transmet le chanteur et meneur du groupe.

Les parisiens de Rise of the Northstar, ont, comme on dit, foutu le feu au Download. La poussière se soulevait au rythme des  »circle pit » dans le noyau central du public amassé devant la grande scène.

Suicide Silence, nous voilà arrivés au cœur du sujet ! Américain d’origine, ce groupe de deathcore envoi du lourd en ce milieu d’après-midi caniculaire.

 Petit détour (mais qui en vaut la peine), sur la scène sous chapiteau. De loin, le son est plaisant, la guitare électrique sonne bien et nous rappelle quelques grands groupes mythiques. En se rapprochant, on découvre une grosse tignasse bouclée, c’est celle de Claudio Sanchez, chanteur et guitariste du groupe. Ce rock progressif américain en dit long sur la suite. Encore un bon moment qu ce concert de Coheed And Cambria

Après ce passage plutôt mélodique, revenons à quelque chose de plus brutal. Architects se produit su la  »mainstage 2 ». Un metalcore puissant se dégage de la scène. C’est brut de décoffrage et bien fait.

Le cran monte encore…et le public le sait bien. La preuve est que le monde est déjà en place pour ce groupe mythique de skate punk qu’est Suicidal Tendencies. Michael Muir, chanteur charismatique du groupe, de son surnom, Cyco Miko, n’hésite pas à montrer son enthousiasme qu’il n’a surement pas perdu depuis 1981, année de formation du groupe. Pur moment partagé.

Revenons à du métal pur…pour preuve les newyorkais de Stray from the path. Ils n’ont pas mis longtemps avant que la poussière ne se soulève…Le public de la scène Warbird  est conquis une fois de plus.

Un festival métal sans Mastodon serait comme des fraises sans chantilly…Rien à dire, Troy Sanders, chanteur et bassiste sait le faire. Sur un rythme bien à eux, entre stoner, metal progressif, Mastodon a proposé à ses fans quelques extraits de leur dernier album fraichement sorti en 2017, « Emperor of sand ».

Il est près de 19h en ce dimanche et la grande scène annonce Rancid, du punk rock dans la lignée de The Offspring ou encore Green Day (qui arrive bientôt). Ça déménage, c’est rythmé avec quelques jumps pour nos amis photographes. Encore un excellent moment en ce début de soirée.

Un groupe très attendu, ce ‘’supergroupe’’ jeunement formé (2016), mais avec des musiciens de renoms. Prophets of Rage, est mené par Chuck D de Public Enemy et B-Real de Cypress Hill accompagnés par trois membres de Rage Against the Machine. Entrée en scène…tout le groupe est aligné devant le public, poings levés. Ça en dit long sur la suite ! Leur répertoire musical est composé des morceaux des trois groupes que compose Prophets of Rage. Une atmosphère un peu spéciale planait au-dessus de la scène durant leur show. Mais les festivaliers, fans ou pas ont été hypnotisés par la prestation somme toute politique de Prophets of Rage.

Le mot de la fin revient à Green Day, qui clos cette édition 2017 du Download.

Un super moment qui a surement ravivé quelques souvenirs dans les têtes du public pressé devant les barrières ou alors un peu plus à l’aise à l’arrière, histoire de pogoter ‘’à l’aise’’. Green Day n’a pas perdu une ride de ses trente ans d’existence et a enchainé les titres phares durant plus de deux heures.

Un mot sur le Download festival pour clore cet article. La base aérienne 217 de Brétigny-sur-Orge se prête à merveille pour ce genre de festival car il y a de la place pour tout le monde. Une super organisation a permis d’assurer trois jours sans problèmes (apparents). Au vu de la chaleur durant les trois jours, de l’eau était distribuée aux festivaliers qui se trouvaient dans les premiers rangs devants les scènes. Les stands de nourriture et boissons étaient bien répartis sur le terrain. On peut toujours dire qu’il pourrait en avoir encore plus, surtout si la météo aussi clémente s’invite pour les prochaines éditions.

Pour finir,merci à la sécurité qui a fait un boulot de dingue et un bravo tout particulier aux festivaliers, qui ont su laisser une place propre durant la durée du festival et ça on ne le voit pas partout…

Que le Download vive encore et encore. Rendez-vous en 2018 pour une troisième édition encore plus folle.

Jacques Apothéloz

Note de la rédaction
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