Concerts — 20 décembre 2017 at 13 h 42 min

[LIVE REPORT] Alice Cooper – L’Olympia – Paris – 7 Décembre 2017

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Ce soir, mon acolyte GroT et moi-même avons rendez-vous avec Alice Cooper. Deux ans après notre virée à Stuttgart, qui nous avait seulement offert un show écourté à cause du headlining de Motley Crue, nous aurons ce soir le droit au menu complet, et pas n’importe où, à l’Olympia, pour la clôture de cette tournée, le jour de l’anniversaire de Nita Strauss.

Qui dit Olympia dit proximité avec le groupe, et il est vrai que nous profiterons d’une visibilité exceptionnelle pendant le show – voire inespérée pour un artiste de ce calibre – en arrivant seulement quelques minutes avant le début de la première partie.

La première partie, parlons-en, et parlons-en rapidement : Republica, groupe brésilien, offre un rock assez moderne, notamment au niveau des rythmiques et des refrains, teinté de riffs old school. C’est bien exécuté, c’est assez sympa, mais ce n’est pas bien original, ni captivant.

Je l’ai écrit des tonnes de fois sur ce site, je le redis ici, quand je vois un groupe que je vénère comme c’est le cas ce soir, je n’ai aucune once d’attention disponible pour les courageux qui passent avant, ce n’est ni malin, ni ouvert d’esprit, mais je n’y peux rien. Aucun mauvais mot sur Republica, donc, puisque j’ai écouté seulement d’une oreille distraite, et pas en intégralité.

Pendant qu’on remarque qu’il y a pas mal de caméras professionnelles (on rêve d’un DVD), et qu’on se demande si le Coop’ rendra hommage à Johnny en jouant  »Allumer Le Feu » à la place de  »Another Brick in the Wall (Part II) » pendant School’s Out, le rideau à l’effigie du patron du shock rock est installé pour masquer la scène, puis les guitares et micros sont testés un par un, et enfin la sono nous passe le message qu’on attendait : « You’ve been chosen to spend the night with Alice Cooper » !

L’entrée sur Brutal Planet tabasse sévèrement. Le morceau est vraiment parfait pour ouvrir le show, et le son est vraiment bon. Vincent Furnier harangue la foule pendant que ses musiciens, tous exceptionnels, assurent à fond sur cette chanson à l’atmosphère pesante.

Le début de show ne laisse aucun répit, avec un enchaînement de hits imparables : No More Mr Nice Guy, puis Under My Wheels, et enfin Department of Youth.

Le niveau musical est vraiment impressionnant. Le batteur Glen Sobel est vraiment à l’aise et à fond, tandis que les trois guitaristes Ryan Roxie, Nita Strauss, Tommy Henriksen font preuve d’une maîtrise exceptionnelle. Ryan Roxie nous fait d’ailleurs voir sa collection de Gibson et occupe bien la scène avec Nita Strauss, alors que Henriksen semble plus discret sur scène, même si son jeu est comme toujours parfait.

A chaque tournée, Alice sort quelques chansons des tiroirs, et ce soir nous avons le droit à Pain, extraite de l’obscur Flush the Fashion. Si le titre, et l’album, ne sont pas vraiment des classiques intemporels du Coop’, le résultat est vraiment convaincant, la chanson étant un petit peu adaptée et magnifiée par la puissance scénique du groupe.

On revient quelques instants en terrain connu avec Billion Dollar Baby, et sa distribution de billets factices, puis la seconde vieillerie de la soirée nous est offerte : The World Needs Guts. Le titre est extrait du sous-estimé Constrictor, un album pas forcément reconnu à sa grande valeur, et assez daté au niveau de sa production, qui regorge de bons titres. Là-encore, le rendu est parfait, et le public semble accrocher.

Le Woman of Mass Destruction, titre relativement récent à l’échelle de la carrière du monument que nous avons devant nous, remporte un franc succès, son riff bien catchy faisant des ravages.

On enchaîne avec le solo de Nita Strauss : c’est pas passionnant, c’est plein de shred, mais ça permet à Monsieur Furnier, 70 ans en février prochain, de reprendre son souffle après une première demi-heure sans temps mort.

Et pour son retour sur scène, quoi de mieux qu’un tube ? Poison ! Classique de l’album Trash, le titre est une vraie bombe sur scène, est c’est sans surprise que le public de l’Olympia s’égosille pendant trois minutes : « I wanna hurt you just to hear you screaming my name » !

La vieillerie Halo of Flies est ensuite jouée, et très honnêtement, ça n’a jamais été une chanson particulièrement emballante pour moi, donc je suis plutôt content quand on passe à la suite, et pour le coup ce sera baffe sur baffe : Feed my Frankenstein, malheureusement l’unique extrait de Hey Stoopid ce soir, puis Cold Ethyl, et enfin la meilleure interprétation live de Only Women Bleed qu’il m’ait été donné d’entendre, Ryan Roxie excellant sur sa SG double manche.

Le groupe interprète ensuite Paranoiac Personality, un excellent extrait de l’excellent Paranormal (qu’on a chroniqué ici), et le seul ce soir, ce qui est bien dommage vu la qualité de l’album. Sur cette interprétation, en revanche, rien à redire, ça tabasse, avec un riff et un refrain complètement imparables.

Retour en terrain connu avec Ballad of Dwight Fry, sur laquelle Cooper montre à nouveau que sa voix est toujours parfaite, puis Killer. Comme d’habitude, Alice Cooper se fait décapiter devant un public en délire, avant que Chuck Garric, excellent showman et super bassiste, ne demande à la foule « Do you love the dead ? » et n’entame la fameuse I Love The Dead, toujours aussi débile, mais super bien foutue.

On n’en a pas beaucoup parlé, mais niveau show, à part le serpent, on aura eu du classique, du solide : décapitation donc, mais aussi la camisole sur Only Women Bleed, la transformation en Frankenstein, des tas de tenues différentes, une scène superbe, et un excellent light-show.

A peine 1h20 de show, mais un show parfait, et on arrive déjà à la conclusion, avec, pour moi, la chanson la plus représentative de ce qu’est Alice Cooper : I’m Eighteen. Tout est génial sur ce titre, et le public rend justice aux héros du soir, en les applaudissant copieusement à leur sortie.

Cependant, un concert de Alice Cooper ne saurait être complet sans School’s Out, et il s’agira donc du rappel de ce soir. GroT souligne que les paroles sont débiles, ce qui n’est pas faux. Comme de coutume, le groupe rend hommage à Pink Floyd en y incorporant quelques vers de Another Brick In The Wall (Part II), et conclue son show au bout d’une heure et demi tout pile. 

Pas de Hey Stoopid, de Dirty Diamonds, de Be My Lover, ou bien de Elected, des chansons régulièrement jouées sur scène, et un seul extrait du dernier disque, le show est assez court. Mais encore une fois, entre l’avalanche de tubes, les excellentes chansons plus rares, la qualité des musiciens, l’aspect visuel, et bien sûr la prestation de Alice Cooper, véritable gamin de 69 ans, comme d’habitude, on est aux anges : quelle soirée !

 

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