Interviews, Made In France — 26 avril 2013 at 16 h 55 min

LE BAL DES ENRAGES – Moloco – 26/04/2013

by

bal_artiste

Vx de Punish Yourself

Schultz de Parabellum

Reuno de Lofofora

Poun de Black Bomb A

Stéphane Buriez de Loudblast

Niko de Tagada Jones

DR : historique du groupe → QUAND ? QUI ? COMMENT ? POURQUOI ?

Niko : En 2008, on devait faire un concert de soutien dans un festival avec Tagada qui a été annulé à cause des intempéries et l’année suivante, ils nous ont donné carte blanche. On a invité pleins de potes avec nous sur scène pour faire des reprises. On a lancé les invitations. D’habitude, t’en envoies 20 et il y en a 5 qui viennent mais là, tout le monde a répondu présent. On s’est retrouvé la veille du festival à répéter tous ensemble. Chaque groupe avait déjà des reprises et c’était le bordel avec tout le monde sur scène donc on s’est mélangé. On a joué et au bout d’une heure, le public en redemandait encore. On s’est dit que ce serait con de ne pas recommencer. Du coup, on a fait une première tournée dans la foulé (donc en 2010) en deux parties. On est revenu un an et demi après avec 25 nouveaux morceaux et 3 heures de show et cette année, une quarantaine de date environ.

DR : comment sélectionnez vous les chansons que vous reprenez ?

Schultz :c’est tellement énorme, tu t’imagines la discothèque qu’on a à disposition, il y a des milliards de trucs. T’arrives avec une idée, ça plaît, ça plaît pas et c’est tout. C’est très très simple, il n’y a pas vraiment de grosses réflexions.

Stéphane : tu mets 20 gugus ensemble, tu fais des mails partagés pendant plusieurs mois, c’est assez rigolo d’ailleurs. Chacun fait sa petite setlist et il y a un vote démocratique pour décider…

Niko : … avec quelques morceaux où on s’est tous retrouvé au local de répète et personne n’avait bosser par exemple Run Dmc, parlons en aux chanteurs vu que là il n’y a que des chanteurs là…

Vx : c’est une traîtrise, un piège, je suis tombé dans le piège et heureusement je m’en suis sorti !

DR : pour les répètes ou les concerts, comment vous organisez-vous ?

Reuno : l’avantage c’est qu’on est des mecs super organisé, c’est la seule raison pour laquelle ce projet est possible ! Non, on s’y prend quand même des mois à l’avance et c’est un truc qu’on a vraiment envie de continuer. On prévient nos tourneurs respectifs pour les dates et pour les répètes c’est la même chose.

Niko : on fait 3 jours de répètes, 3 jours de filage et après on ne répète plus jamais donc c’est une semaine bien bloquée. Maintenant, il y a quand même des choses modernes comme les ordinateurs pour les plannings c’est pratique.

DR : vous avez déjà des projets pour 2014 ?

Niko :dans l’idée, c’est une tournée tous les 2 ans. C’est un projet qui doit arrivé de manière partielle dans nos vies. C’est vrai qu’il y a beaucoup de demandes donc on pourrait mais c’est bien comme ça. Il ne faut pas que ce soit trop régulier sinon ça va un peu saouler tout le monde. Il faut qu’on garde ce côté festif.

Schultz : il faut garder l’envie, ça c’est le moteur principal. Et pour les répètes, sans trop se pignoler, ça fait une trentaine d’année qu’on fait de la musique, on y arrive quand même.

DR : pour les chansons, comment décidez-vous qui fait quoi ?

Reuno : justement c’est toi (à Poun) qui décide donc tu peux le dire…

Poun : c’est moi qui décide, ils ferment tous leur gueule et comme ça c’est réglé (rires) !!! En fait, quand chacun propose son morceau, il y a une préférence et on s’investit dans ce morceau. Pour le chant je ne sais pas mais les guitares ça se partage facilement. Après c’est celui qui a envie de faire le morceau qui le fait et si un autre s’incorpore, c’est assez free.

Stéphane : il y a des choses qui se déclenchent aussi pendant le bal. Si on a envie de faire les chœurs et que ce n’était pas prévu, il y a des chorégraphies des choses super sympa qui arrivent…

Reuno : ça me manque, il faudra faire une semaine de répètes supplémentaires pour les chorégraphies…

Vx : pour ceux qui connaissent les séries comme Fame ou Un, Dos, Tres ça se passe un peu pareil

Reuno : sauf les meufs elles ne sont pas là !

Vx : ouais c’est vrai on n’a pas de joueur de trombone non plus…

Reuno : on en a une avec des jambières en laine c’est le petit côté Fame de la chose.

DR : parlez-moi du contenu du DVD ?

Niko : si tu veux, la première édition c’était vraiment un projet live donc on s’est dit qu’on n’aillait rien enregistré. C’est vraiment un concert qu’on veut présenter, on l’a multiplié en x concerts et ça s’arrêtait là. Le problème c’est que les gens nous sont tombés dessus en nous disant il n’y a pas de disques donc, pendant la première tournée un peu en vrac comme ça, on a enregistré un live audio. Pour cette deuxième vraie tournée, cette fois-ci on s’est dit que ce qu’il y avait vraiment d’intéressant à montrer dans le bal c’est de l’image et on a filmé la vie du bal pendant les 8 premières dates. On a donc quelque chose en adéquation à montrer pour la deuxième partie de cette tournée. Et là, on présente vraiment le concert qu’on joue en ce moment.

DR : je sais que vous venez souvent dans l’est, quel est l’endroit où vous préférez jouer ? Et où est le public le plus réceptif ?

Reuno : Chez Narcisse au Val d’Ajol, y a pas photo, y a pas à chier c’est la public le plus dynamique de France, le plus dingue et le plus réceptif. À chaque fois c’est un régal, le preuve c’est qu’on y retourne pour un hommage à Stéphanie (ancienne patronne décédée l’année dernière) dans quinze jour.

Schultz : ceci mis à part, il n’y a pas que le Val d’Ajol. Il y a quand même des sacrés endroits mais c’est vrai que là, c’est un vieux traditionnel. T’arrives dans le bled, tu te dis « Oula si on a 30 personnes ce soir c’est bien ! » et après tu les vois descendre de la montagne en se tapant sur la tête comme les Pierrafeu mais ils sont particulièrement chaleureux.

Niko : et c’est un dimanche, c’est ça qui est incroyable, tu joues à 19h et c’est une ambiance de feu. Je me rappelle sur certains morceaux du dernier concert, il y a des moments où tous les gens bougeaient, la totalité de la salle.

DR : votre meilleur et pire souvenir de live ?

Stéphane : le meilleur c’est le Val d’Ajol

Niko : c’était facile là ! Et le pire c’est le Val d’Ajol aussi mais le lendemain matin !

Stéphane : oui c’est vrai quand je me suis réveillé dans le bus et que j’avais oublié toutes mes affaires dans les loges. Je ne savais pas ce que je foutais dans ce bus-là parce que ce n’était pas le notre. On avait changé de bus et j’étais encore à 4 grammes.

Vx : tu ne t’es pas réveillé dans un placard toi, moi non plus mais on en connaît !

DR : comment voyez-vous la scène punk/métal française par rapport au début de votre carrière ?

Reuno : j’ai l’impression qu’elle est plutôt bien cette scène, elle a du mal à se faire entendre mais il y a quand même un putain de potentiel. Il y a de plus en plus de groupes qui, dès leurs débuts ont une vraie identité, ne sont pas juste des copies de trucs qu’on a déjà entendu 50 fois. Tt’as des mecs qui ont 20-25 balais et qui t’en mettent plein la tronche. Maintenant, il y a une autre démarche de pas mal de groupes de la scène française punk/métal/hardcore qui est d’essayer de marcher direct à l’international. Ils vont enregistrer leur premier album aux USA, ils essaient d’y rester, ils ont casser la tirelire. Bientôt ce ne sera plus ridicule à l’international d’être un groupe de rock français ce qui n’était pas gagner.

DR : c’est vrai qu’il y a toujours eu cette barrière de la langue…

Reuno : quand je te parle de ces groupes, il chantent en anglais direct. C’est sûr que les groupes qui sont là et qui chantent en français (Tagada, Parabellum et Lofo) font une musique à la base anglo-saxonne mais ont décidé de la faire dans notre propre langue. C’est évident que ça n’intéresse pas les gens d’autres pays. C’est comme ça qu’on avait envie de le faire.

DR : selon vous, c’est quoi être punk de nos jours ?

Schultz : je vais vous donner la recette du lapin à la moutarde et au riesling. Prenez un lapin, vous le découpez bien. Frottez un récipient avec de l’ail, mettre le lapin dedans bien badigeonné de moutarde. Recouvrir de fines tranches de lard, salez, poivrez, une feuille de laurier, un petit peu de thym. Recouvrir le tout de pâte feuilleté, faire un petit trou et remplir de riesling. Laissez cuire 1h30 et c’est le pied !

Reuno : aujourd’hui être punk c’est postuler pour Topchef !!!

DR : ça a changé par rapport au début de ce mouvement ?

Reuno : non mais franchement tous les noms que ce soit rock’n’roll, punk ou stoner c’est des trucs qui ont été trouvés soit par des journalistes, des attachés de presse ou des gens de label. C’est rare qu’un mec dise « moi je fais ça comme musique ». Après tu le reprends à ton compte le mot rock’n’roll mais à la base les gens qui font de la musique c’est avec leurs couilles et leurs convictions. Ils s’en branlent de mettre une étiquette dessus donc être punk aujourd’hui je pense que ça ne veut juste rien dire. Dans les années 80 quand j’étais ado et que j’écoutais mes premiers albums d’Exploited, des mecs me disaient « t’es punk ? » et moi je disais « ben non j’étais pas à Londres en 77 ! ». À la base, c’est une mode lancée par Vivienne Westwood et dans toute l’histoire du punk il y a une bonne dose de marketing. La seule différence c’est qu’au début quand des gens voulaient faire un groupe qui allait être étiqueter punk, c’était pas coller à une esthétique déjà existante. C’était justement repousser les limites un peu plus loin et faire des choses qui n’existaient pas comme l’ont fait Suicide, Television ou des gens comme ça. Aujourd’hui être punk ça veut dire avoir la crête dans le bon sens, les clous sur le blouson et faire des morceaux entre tel et tel tempo. C’est devenu une étiquette comme une autre je pense.

DR : La foi en ce que vous faites est-elle toujours intacte ?

Stéphane : oui sinon on ne serait pas là à se mélanger incestueusement entre plusieurs groupes. On resterait chez nous car on a pleins de choses à faire comme regarder la télé comme tous ces cons. On préfère être sur la route, suer entre nous….

DR : Stéphane, tu es le dernier arrivé alors comment s’est passé le bizutage ?

Stéphane : Mal (rires) !!!! J’ai remporté le Krusty d’or, ça en dit beaucoup.

Reuno : il y a une récompense sur chaque tournée du bal qui s’appelle le Krusty d’or. On n’a pas encore fait fabriquer les statuettes….

Merci pour tout et bonne continuation.

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