Interviews, Made In France — 25 mars 2019 at 15 h 05 min

[INTERVIEW] STONE HORNS – Devf ( Membre fondateur / compositeur )

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On sait que tu as officié seul dans plusieurs groupes provençaux pourquoi en définitive partir sur un projet solo ?

Je pense qu’avant tout c’est une envie d’être à l’origine de quelque chose. Comme tu l’as dit j’ai fais partie de pas mal de groupes avant cette aventure là, et à chaque fois j’étais le dernier arrivé. Difficile d’imposer ta vision quand tu débarques…Je n’en veux à personne, bien au contraire, et chaque groupe auquel j’ai offert mes services m’a fait avancer et a contribué à sa manière à ce qu’est aujourd’hui Stone Horns

A l’origine il me semble que tu aies choisi de partir sur un autre style de musique pourquoi ce changement ?

Oui! A l’origine on était plus sur une base de Stoner. Mais ça n’a pas duré bien longtemps. La faute à mon apprentissage de la guitare et à quelques groupes qui ont croisé mon oreille à ce moment là. J’avais de la violence à revendre et le Metal était beaucoup plus approprié pour sortir la bête.

On comprend que cet album est un concept album , parle-nous un peu du thème de l’album ?

Le thème de l’album, ou plutôt son histoire, raconte l’épopée d’un personnage. Il n’a pas de nom car ça pourrait être toi ou moi en fait. Notre « héros », si on peut l’appeler comme ça, est amené à passer un pacte avec sa Bête Intérieure. Au début c’est marrant tout se passe bien, mais ensuite il faut passer à la caisse. On a donc droit ensuite à une lutte acharnée pour cette âme perdue. Voilà pour la version faite pour les gens qui ne lisent que le dos des livres!

Parle-nous un peu de ton process d’écriture ?

L’écriture de l’album s’est faite assez simplement. J’ai trouvé les titres et à partir de là, la tracklist s’est dessinée. Pas de recherches spéciales pour les textes mais attention, ils se suivent tous! C’est à ce moment là qu’est venue sur la table l’idée de concept album. Même musicalement, pour moi, elles s’enchaînent harmonieusement…un peu comme un livre audio.

Tu nous disais ( ou tu vas en parler maintenant) que tu t’étais octroyé les services du batteur d’ACOD comment s’est fait la rencontre avec lui à l’origine et qu’a-t-il apporté à ton enregistrement?

Alors avec Raph c’est une longue histoire… On s’est rencontré il y a bientôt 10 ans à l’IMFP de Salon-de-Provence. J’apprenais la technique du son et lui se perfectionnait en batterie. Faisant partie des rares chevelus de l’endroit la rencontre s’est faite assez naturellement, pour un mini-projet metal d’une collègue élève. Après ça il m’a recontacté quelques années plus tard pour me faire rentrer dans son groupe Four-O-Five Code (ex-Annihilation). Je me suis empressé de sauter sur l’occasion car j’avais super envie de partager un groupe avec Raph. Il a ensuite pris le chemin qu’on connaît et on lui souhaite que ce chemin ne s’arrête pas de si tôt! Il a apporté de la rigueur à ce projet, il m’a vraiment conseillé sur pleins de choses. Il a également su capter ce que je recherchais comme parties batteries et a réussi à me le matérialiser.

Tu produis et compose l’intégralité de cet album, en définitive on est jamais mieux servi que par soit même car personne n’aurait été capable de mettre tes compositions en valeurs?

Cette question est très liée à la première. Comme je l’ai dit plus haut, Stone Horns, c’est avant tout une vision, la mienne. Bien sûr qu’un paquet de musiciens auraient pu mettre ces compos en valeurs, peut-être mieux que moi, mais cet album, c’est comme ça que je le voyais. Quand j’ai fini de le mixer, je me suis dit: « Ca y’est, c’est bon, c’est CA que je voulais! ». Mes compétences de sondier m’ont également permis de maîtriser la chaîne du début à la fin, ce qui n’est pas forcément un inconvénient quand on voit les critiques faites sur la prod (sourire)

Tu a été jusqu’au boutiste en attendant patiemment et peaufinant tout avant de sortir cet album , l’expérience t’a prouvé que rien ne sert de courir ?

Effectivement prendre mon temps m’aura fait mûrir en patience. Le fait est que je partais de zéro donc je n’avais aucune pression à me mettre, et ça c’est quelque chose que j’ai beaucoup apprécié. Mais je me suis quand même fixé des deadline dans ce projet sinon on n’avance pas. Cela m’aura pris un peu plus de deux ans pour cet album, mais j’étais « seul ». Aujourd’hui nous sommes quatre et il va maintenant falloir se mettre à courir car l’avenir n’attend pas!

On parle un peu de l’artwork ? On a le droit d’utiliser des images comme ça sans forcément demander à qui de droit ? (si c’est pourri comme question ne répond pas )

L’artwork est une gravure de Gustave Doré, tiré de « La Divine Comédie ». Comme cela fait bien plus d’un siècle que l’artiste est décédé, ses oeuvres sont donc libres de droit. La règle normalement c’est 70 ans après le décès.

On parle un coup du discours de Unshaken Soul ? De qui et pourquoi ?

On continue sur les Royalty Free! Ce discours est scandé par Charlie Chaplin dans le film « le Dictateur ». A la base je recherchais plus un vieux discours de guerre, car le titre qui suit est assez rentre-dedans. Ne trouvant pas ce qui me convenait, je me suis tourné vers les discours de paix, car pour avoir la paix…Il faut la guerre!(rires). Je suis donc tombé sur ce discours là et dès la première écoute (car je n’avais pas vu le film, du moins en entier), j’ai juste été sur le cul de ce qui venait de se dire. J’adhérais complètement. Et comme ce bon vieux Charlie est passé de l’autre côté il y a plus de 70 ans, je le remercie pour ses belles paroles!

Parfois quand j’écoute un album je me dis que le groupe aurait peut-être du envoyer le bois directement au lieu de passer par des fioritures, tu nous fait certes une bien belle mise en bouche avec  » The Passing » mais pourquoi ton choix t’oriente-t-il vers une ouverture à la musique classique ?

En règle générale je ne suis pas très musique classique…Mais il y a tout de même des choses que j’aime dans ce style. Notamment ce pouvoir de faire monter la tension, et cette capacité d’être rapide et violente. Pour moi Mozart et Beethoven étaient les métalleux de l’époque.

On parlait tout à l’heure de la batterie mais les plans de guitare solo ne sont pas de toi, quelles ont été tes exigences et comment c’est passé la rencontre et la collaboration avec ce guitariste ?

Depuis l’enregistrement de l’album, le guitariste en question, Antoine Roszak, a rejoint le groupe et j’en suis plus que ravi! La rencontre s’est passée après quelques recherches, car je n’avais pas de soliste sous la main. Je suis tombé sur Antoine et il s’est tout de suite montré partant et impliqué…Mais surtout hyper talentueux! Il a su comprendre ce que je lui demandais et à la fois me proposer des choses auxquelles je n’aurais pas pensé. Notamment le solo de « Scuttling Theory ». Il m’a pondu un truc, super différent de ce que je voyais, et quand j’ai écouté le premier jet, je lui ai dit « c’est bon on garde ça touche rien ». Une chose est sure, ce gars-là, il vaut mieux l’avoir dans votre équipe!

Bon à l’origine , en avril dernier lors d’un apéro tu me disais que le groupe n’était pas forcément monté pour la scène, que si l’accueil était bon il y aurait peut-être quelques chose. Parle-nous un peu de ce qui te motive à monter un groupe et qui tu as recruté pour t’accompagner ?

Et bien l’avis du public a parlé. Je n’ai eu que des bons retours que ce soit de la presse, des webzines, et également et surtout du public! Un mois après la sortie de l’album, il m’est apparu évident de monter ce groupe…Sinon pourquoi j’aurais fait tout ça? Parce que c’est marrant de s’enfermer pour enregistrer des chansons, mais les partager en live le reste quand même nettement plus marrant. Il y a donc dans les rangs de Stone Horns Antoine Roszak que tu connais déjà à la guitare, et Vincent Pès à la basse. Il officie également dans le groupe Spinabifida à ce poste, ainsi que batteur dans le groupe Speak French.

Pas de Raph derrière les futs ?

Et non! Je lui ai proposé tu t’en doutes bien mais il se trouve qu’il est déjà très pris avec son groupe AcoD, et ca se comprend largement! Ils ont beaucoup à faire pour rester à leur niveau et autant vous dire qu’ils ne chôment pas! (Vous avez surement vu les nouvelles dates qu’ils ont annoncé). Ceci étant dit un autre batteur de choix nous a rejoins, Loîc Quelen. C’est le batteur actuel du groupe All Dogmas We Hate. Cela fait dix ans que ce gars m’impressionne, et il était en deuxième sur la liste après Raph. A mon avis il devrait vous impressionner un peu aussi !

Tu as également sorti un clip, est-ce que tu peux nous dire avec qui tu as travaillé, pourquoi le choix du titre mise en image et quelles ont été un peu tes exigences ?

Ce clip a été réalisé sur le titre « One Last Stand », qui clôture l’album. J’ai choisi ce titre car il représente bien l’album dans son ensemble et aussi question de budget, je ne pouvais pas faire 13 clips…Pour ce clip j’ai travaillé avec Nicolas Eynaud, pour tout ce qui est drône, et Julien Bonneton ainsi que Jérémy David pour les autres plans. Le montage et les effets spéciaux, c’est encore votre serviteur qui s’en est chargé! Mes exigences, elles ont été assez simples, avant tout que ca fasse pro. Et je ne suis pas mécontent du résultat. Avec les moyens qu’on avait on s’en sort plutôt bien. J’ai eu beaucoup de retours positifs sur ce clip. Ça motive pour que le prochain soit meilleur.

T’en as pas marre qu’on te dise que cet album fera un bon substitue à Machine Head ? (vu dans plusieurs chroniques )

Et bien je te dirais oui et non. Le fait est que Machine Head une des grosses influences du groupe. J’ai été comme beaucoup déçu par leur dernier opus et effectivement je me dis que dans ce segment, et plus particulièrement en France, il y a un créneau à prendre. On ne veut en aucun cas les remplacer, mais par contre on veut bien leur première partie!(rires)

Bon alors après In Arkadia à Marseille, tu vas réussir à sortir de ta Provence ?

On essaie, on essaie. Plusieurs plans sont déjà en vue mais comme nous avons commencé à démarcher il y a un mois seulement, beaucoup de salles sont déjà bookées jusqu’à la fin d’année. Plusieurs plans sont en vue mais il va falloir patienter un peu. Mais on va bien arriver à s’incruster sur quelques plateaux d’ici la fin d’année promis!

Okey je te remercie vivement d’avoir pris du temps pour nous et te laisse le mot de la fin en espérant vivement te voir débarquer en Franche Comté.

Tout d’abord merci à Daily Rock pour cette interview super complète. On espère que vous nous verrez bientôt en live chez vous ou pas loin. En attendant pour ceux qui ne l’ont pas encore fait, venez découvrir notre album!

merci à Devf pour le temps pris !!!

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