Interviews — 3 décembre 2018 at 11 h 12 min

[Interview Motocultor] The Lumberjack Feedback Simon (Guitare) et Nico (Batterie)

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Quoi de mieux en ouverture de festival que de prendre une bonne grosse baffe Sludge/Doom dans la tronche? Rien me direz-vous, et c’est à peine redescendus de leur prestation que nous retrouvons, au calme, Simon et Nico de The Lumberjack Feedback.

Salut les gars, alors comment s’est passé votre set?

Nico : Mortel, il y avait déjà pas mal de monde pour un début de journée, bonne énergie dans le public c’était cool!

Vous avez fait l’ouverture de festival au Hellfest, maintenant au Motocultor, est-ce que c’est plus gratifiant pour vous de jouer en tout début de fest, où en général il est vrai que le public est peut-être moins nombreux, mais plus réceptif, ou vous préféreriez grimper un peu plus haut sur l’affiche?

Simon : C’est plutôt gratifiant que des gros événements comme ça nous fassent confiance pour ouvrir les festivités. Après il faut que les choses se fassent naturellement, on verra d’ici quelques années si on se retrouve sur un créneau plus tard dans la journée ou la soirée!

Vous pourriez rapidement nous présenter le groupe pour les gens qui ne vous connaîtraient pas?

Nico : On s’est formé en 2009 donc depuis presque 10 ans, mais on officie sous la forme actuelle depuis 2013 avec les deux batteries, et on est une formation principalement instrumentale avec deux guitares, une basse et donc deux batteurs.

Avec quelques petits screams venant de ta part de temps en temps Nico du coup!

Nico : Oui mais ça c’est pas vraiment préparé, c’est de temps en temps quand l’envie s’en fait sentir!

Simon : Il laisse sortir le démon! (Rires)

Nico : En général le dernier morceau c’est un peu plus libre, on expérimente , on se laisse plus de liberté.

Cette composante à deux batteries, d’où est venue l’idée?

Nico : C’est un peu le fruit du hasard. Le groupe n’était plus très actif, je l’avais quitté pour ma part. Mais j’avais envie de refaire de la musique avec eux, sauf qu’ils avaient déjà contacté d’autre gens pour remonter le projet. Tout ça s’étant passé à peu de choses près au même moment, on s’était dit qu’on allait pas se battre pour la place de batteur et qu’on allait essayer à deux batteries. On a fait une première répet’ et ça a marché direct! Du coup on est resté sur ce line-up.

On a pu voir sur Facebook que vous aviez enregistré récemment, vous pouvez nous en dire un peu plus?

Simon : On est sur la finalisation d’un nouvel album en effet. On peaufine encore et ça devrait se dévoiler courant 2019. On en dit pas plus!

Quand on entend parler de vous, le terme de « Doom Cinématographique » revient souvent…

Simon : Alors déjà on peut dire que c’est pas voulu! (Rires) C’est une musique un peu spéciale si tu veux. On arrive pas avec des plans déjà tout faits et où tu te contentes de jouer ce qui est écrit. Y a une grosse part d’improvisation comme tu as pu le voir sur scène. Donc effectivement des fois on a ce coté un peu cinématographique, des grosses envolées, des passages assez épiques…Mais voilà c’est à la fois très calculé et pas du tout!

Nico : On a même un espèce de langage entre nous, beaucoup de regards, voire même des sons…On communique beaucoup sans vraiment communiquer.

Quels sont les groupes qui vous ont inspiré et qui vous ont amené à faire The Lumberjack Feedback.

Simon : Je pense qu’il y en a énormément, sûrement trop pour qu’ils soient tous cités. Néanmoins il y a quelques groupes qui nous mettent tous d’accord, notamment nos grands frères de Gojira . C’est un groupe qui est merveilleux, y a pas d’autre mot. Leur parcours est exemplaire, on ne peut que s’inspirer d’eux. Il y a Mastodon aussi, qu’on connait très bien, leur musique nous parle énormément à tous. Ca doit être vraiment les deux groupes qui font l’unanimité dans le groupe. Après dire qu’on s’en inspire pour notre musique, non, mais on est forcément influencé vu qu’on les écoute et qu’on est très attentif à ce que ces gens ont réussi à faire, c’est vraiment des exemples pour nous.

Nico : On amène tous une patte différente par nos influences mais y a vraiment un noyau de groupes sur lequel on est tous d’accord.

Comment se passe votre processus de composition?

Simon : En fait il est soit très long, soit très rapide. Déjà tu ne peux pas arriver avec un morceau tout composé, d’une parce qu’avec deux batteries c’est compliqué et ensuite parce que tu ne réfléchis pas pour les autres. On amène des idées, et chaque idée se construit tout en laissant beaucoup de place à l’improvisation. On se laisse beaucoup de liberté quand on compose. La musique se fait un peu d’elle même et on est les rouages de ce processus. Elle se construit et on est à son service.

Il y a un gros vivier Doom/Sludge qui grandit en France depuis 4 ou 5 ans, comment faire pour se démarquer?

Simon : Je pense pas qu’on essaye de se démarquer. On a commencé le groupe il y a presque 10 ans et on écoutait que ça. A l’époque je me souviens on répétait dans un énorme complexe à Roubaix et pas mal de gens rigolaient de ce style « Mais c’est chiant, vous faites un accord toutes les 5 minutes, c’est long, il ne se passe rien, moi j’ai envie que ça bouge… » toutes les remarques de ce style. Et puis on a vu au fur et à mesure des années que ça devient un peu plus mainstream, ça se démocratise…

Nico : Avant t’aurais jamais vu des groupes de ce style remplir des grosses salles. Maintenant quand tu vois Neurosis jouer en tête d’affiche d’une scène aux Eurocks, tu te dis qu’il s’est passé un truc.

Simon : Après à nous de se servir de ça pour remettre la main dessus et faire quelque chose qui nous plaît plus à nous aussi.

C’est la première fois que vous jouez au Motocultor, vous étiez familier du festival avant ça?

Nico : Moi pas du tout!

Simon : Moi j’ai failli venir avec Glowsun l’an dernier car Matthias, notre ingé son est aussi celui du groupe et je le remplace quand il est pas disponible. J’avais fait le Hellfest avec eux et on devait faire le Motocultor aussi mais c’était pas possible pour moi.

Et du coup à chaud vous pensez quoi du festival?

Nico : Super cool!

Simon : C’est vraiment un festival à échelle humaine et ça fait du bien , il y a un bon contact avec les gens et on s’y sent bien! On est pas dans une grosse machine où tout est calculé, tout est maîtrisé, t’as encore la possibilité de ressentir l’humanité.

Des plans pour la suite mis à part ce nouvel album qui arrive? Des tournées?

Simon : Oui il va y avoir plein plein de choses! Pas mal de dates à venir, et puis dès qu’on rentre du Motocultor on bosse un nouveau live. On jouera pas forcément du nouveau matériel avant la sortie de l’album, n’étant pas sûr de la date de sortie, on préfère aller au bout des choses et prendre le temps.

Nico : On veut vraiment pas griller les étapes.

Quel est le dernier album qui vous a mis une bonne grosse claque?

Nico : On va revenir dessus du coup, le dernier Gojira! Le dernier Magma aussi!

Simon : C’est vrai qu’on a une relation particulière avec Gojira. Y a le dernier Mastodon aussi forcément… Le dernier Queens Of The Stone Age aussi pour ma part, mais je suis vraiment très très fan alors je suis pas forcément objectif.

Et si vous deviez prendre un seul album avec vous sur une île déserte?

Simon : Je pense que ce serait « Songs For The Deaf »  de QOTSA justement, ce qui n’est absolument pas original comme choix (Rires) mais c’est un album que j’écoute depuis des années et des années et à chaque fois je découvre de nouvelles choses dedans. Donc je me dis que même sur une ile déserte je pourrais l’écouter encore et encore et toujours être surpris!

Nico : Moi je pense que ce serait le dernier album de Pg.lost, « Versus ». C’est un groupe qui vient du froid avec des mecs de Cult Of Luna notamment. C’est instrumental, c’est un super groupe de live, un super groupe d’album, et qui personnellement me fait voyager. C’est un album que j’écoute quand j’ai besoin de me ressourcer.

Un dernier mot?

Nico : Merci à vous de nous accorder du temps, de venir nous voir et on se retrouve sur la route!

Merci à Elodie et aux musiciens!!

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