Interviews — 10 juillet 2017 at 8 h 39 min

[INTERVIEW HELLFEST ] MANTRA – Pierre Junod ( chant) – Simon Saint Georges ( chant – guitare)- Gabriel Junod (batterie) – Thomas Courtin ( basse)

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Mantra a joué au Hellfest, c’est un juste retour par rapport au travail effectué ?

Thomas : Ben merci beaucoup. C’est une belle récompense pour nous c’est une sensation qui est super nouvelle, de pouvoir jouer notre musique, qui parfois est compliquée à décortiquer, qui se prête  différemment au live, en l’ occurrence devant tant de personnes.

Simon : Je ne sais pas si c’est une récompense mais franchement ça fait plaisir. On a énormément bossé pour cet album. C’est un réel plaisir d’être là devant tous ces gens pour participer à la grande fête du Métal Français. Le Hellfest c’est une religion. En faire parti c’est presque un aboutissement!

Parlez-nous un peu de la signification de ce terme :  Laniakea ?

Pierre : C’est un mot qui a plusieurs sigifications. Dans une vieille langue il veut dire «  paradis incommensurable », mais c’est aussi le nom qui a été donné à la simulation en 3D du super amas de galaxies dans lequel nous nous trouvons. Il se trouve que ce super amas, a une sorte de double hémisphère, tel un cerveau. Du coup ce mot Laniakea, représente ces deux entités dans lesquelles chacune de nos pensées fait certainement briller des étoiles au fond de la galaxie.

Comment avez-vous pensé  l’approche sur cet album par rapport à  »Into the light » ?

Simon: Dans la façon de composer on était dans la continuité. On a appris de nos erreurs car on voulait être plus cohérents de A à Z sur cet album par rapport au premier. On ne peut pas dire que le précédent était écrit au jour le jour, mais presque. Là on s’est dit qu’on voulait vraiment faire un album le plus cohérent possible dans son ensemble.  On s’est posé pour se demander comment va être le concept global, comment on va le découper, comment on va le séquencer,comment on va raconter cette histoire qu’on a voulu écrire. Je pense que c’est la force de cet album, comparé à « Into The Light » il doit être assez cohérent dans son récit dans sa musicalité, dans les visuels qu’il y a autour et même sur scène. Voilà ce qu’on a voulu faire de plus.

Le fait d’avoir deux frères dans le même groupe est-ce que ça permet d’avoir une meilleure cohésion lors de l’écriture d’un album ?

Gabriel: Je ne sais pas si c’est au frère de répondre mais je vais le faire quand même. C’est certain qu’avec Pierre mon frère, on travail en parallèle , dans la creuse, sur un projet qui nous lie beaucoup , un projet en rapport avec la nature. On a ce partage essentiel par rapport à nos vies, mais ce que partage aussi Simon et Thomas, ce qui fait que globalement, qu’on soit frères ou pas, on a quand même une belle cohésion autour de la nature et de l’endroit où l’on compose cette musique.

Vous avez des clips très abouti comment pensez-vous votre concept filmographique ?

Gabriel :  merci de dire que ce sont des clips aboutis, ça fait toujours plaisir de savoir que les gens le pensent. De mon coté j’ai fait une école de cinéma, je suis  monteur en audiovisuel. J’ai un penchant pour beaucoup d’univers visuels différents, un attachement certain pour le romantisme. Après je ne sais pas si tout cela est retranscrit correctement dans nos clips, mais ce sont des choses qui nourrissent constament nos idées de clips et de compos.

Une pochette également très mystérieuse qu’on prend bien le temps d’analyser. Tout comme votre musique, elle est très complexe, vous pouvez nous expliquer un peu ce que ça représente concrètement ?

Simon : Justement, concrètement il y a plusieurs degrés de lectures qui sont assez libre pour la personne qui va se plonger dans l’univers visuel de la pochette. Le seul conseil qu’on peut donner c’est de laisser libre court à son imagination malgré que parfois il y a des choses auxquelles on peut se raccrocher. Il y a des personnages, des pierres, des choses qui sont organiques, qui sont minérales. Il y a des choses pour lesquelles il n’est pas très compliqué de trouver leur significations, si on se documente. Et toutes ces choses sont liées entre elles et l’album.  On a demandé à Marion Duquesne, de nous faire l’artwork. On lui a filé l’album et on lui a tout simplement dit, ‘vas-y lâche toi, exprime-toi en fonction de la musique’.

Vous explorez pas mal de choses dans votre musique, jusqu’où êtes-vous prêts à aller dans vos expérimentations ? Comme par exemple sortir d’un studio pour capter une nouvelle essence de son ? (rire général)

Gabriel : On est complètement adepte de ça, dans une approche physique du son. Le son au final c’est l’expression d’un frottement, du coup on aime bien se confronter à notre environnement. Les réverbérations naturelles c’est quelque chose qu’on souhaite toujours faire, mais parfois c’est plus compliqué pour des raisons techniques. Mais il y a déjà des sons importés de l’extérieur. Il y a un passage où on entend des pas dans la neige, pieds nus, il y a une texture particulière, une confrontation directe à l’environnement, pour vraiment atteindre quelque chose qui se rapproche de l’idée qu’on a au départ.

Simon :Tu parles de lieu atypique que les groupes arpentent pour composer, ou pour s’inspirer. C’est le cas pour nous car on a le lieu pour ça et c’est aussi le cas dans le dernier clip qu’on a sorti et le prochain qui sortira. Ce sont forcément des lieux qui sont inspirant et innaccessible en l’occurence. Après je laisse à chacun le soin de chercher si les gens veulent savoir où c’est.

Est-ce que votre musique est élitiste de par sa complexité ?

Pierre : Je dirais pas qu’on a un côté élitiste parce qu’on n’est pas là pour essayer de montrer qu’on est les meilleurs ou faire de la musique pour les meilleurs. C’est pas du tout notre idée. Après qu’elle soit difficile d’accès pour certaines, je peux comprendre car l’univers est complexe, car c’est un très très gros travail pour nous de pondre un album comme celui-là. C’est très possible quand on n’est pas initié à ce type de musique, de structures, c’est possible qu’à ce moment ce soit un peu plus compliqué. Après on est pas du tout dans un délire d’élitisme ou quoique ce soit.

Gabriel : On donne tous les efforts qu’on a pour que ce soit compréhensible. On essaie d’accompagner l’auditeur, de lui tracer un chemin, un itinéraire pour le guider. Même si on ne connait pas forcément le métal, je pense qu’un auditeur lambda, peu s’il fait l’effort d’écouter l’album de façon …

Simon : Vulnérable …

Gabriel : Vulnérable ?

Simon : Oui c’est ce que dit Menard.

Gabriel : Ho merde !! (rire général)

Simon : il faut que l’auditeur se mette en état de vulnérabilité et accepter de s’ouvrir à ce qui se passe et normalement il n’y pas besoin d’avoir de prérequis pour apprécier ce qu’on fait.

Thomas: Après c’est vrai que notre musique est complexe mais c’est juste à cause de notre envie d’approfondir les choses, pas de manière infinie, mais de creuser les choses jusqu’au bout.

Qu’est-ce que vous allez faire maintenant ? J’ai vu une vidéo datant de décembre, une séance d’enregistrement ?

Simon: Ben déjà on va aller voir Devin Townsend (rire) On a commencé à y penser ,mais l’album est sorti depuis 8 mois. Il y a eu une belle promo autour de cette sortie. On a eu quelques belles scènes qui se sont ouvertes à nous, comme le Hellfest, là c’est la fin de saison, alors peut-être que oui, cet été on va commencer à tracer les lignes. On va continuer à défendre notre musique sur scène, je crois que le futur on va l’écrire ensemble à partir du lendemain du Hellfest.

Je vous laisse le mot de la fin

Pierre : Tout homme peut semer des graines autour de lui, dans les âmes et dans la terre de tous, il faut donc prendre soin des bonnes graines et les semer autour de soi.

Merci à Laurent ( Finisterian Dead End), aux membres de Mantra.

Photo: Laurent Franzi

 

 

 

 

 

 

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