Interviews — 24 septembre 2018 at 11 h 15 min

[INTERVIEW] – Black Hole

by

 

C’est à l’occasion de la sortie de leur nouvel album « Lost World » que j’ai eu l’occasion de rencontrer tous les membres du groupe autour d’un verre dans leur local de répétition. Un bon moment où nous avons pu discuter du passé du groupe mais surtout de son avenir.

Le groupe a à peu près 20 ans de carrière. Où en êtes-vous aujourd’hui ?

Oui le premier concert sous ce nom cela doit être en 1997 de mémoire. Au début il y a beaucoup de changement de musiciens ce qui est normal, tu te cherches un petit peu avant de trouver une certaine stabilité. Mais cela a pris petit à petit forme en 2001 avec l’arrivée de Reyner à l’époque. Matthieu est arrivé en 2003, Patrick était déjà là aussi. En fait il y a eu deux phases : celle avant 2008 où on était dans cette période de recherche et il y a eu le concert de la Foire aux Vins de Colmar et il y a eu l’après 2008. Si aujourd’hui on devait remonter un groupe l’avantage serait que l’on irait plus vite car on a déjà l’expérience et le recul nécessaire pour bien faire les choses rapidement.

Pendant tout ce temps il y a eu un premier album « Victim of Illusion », puis un EP 4 titres « Children of the sun », et aujourd’hui on se rencontre pour la sortie de « Lost Worlds ». Comment expliquer cela ?

On en revient à ce qu’on disait avant, lorsque tu commences un projet tu ne sais pas où ca va te mener. On n’avait pas toutes les facilités que l’on a aujourd’hui. On avait fait des tournées de bars et on avait un petit pécule qu’on a complètement investi dans l’enregistrement de cet album et on devait retourner faire des concerts pour les vendre pendant les shows. Aujourd’hui les canaux sont plus simples avec l’arrivée d’internet, et les outils à disposition. Mais là encore cela prend du temps si tu veux faire toi-même car il faut apprendre et maîtriser les outils pour faire du bon travail. Ce qui a été le cas avec cet album, car une partie a été faite par nous et les parties batterie ont été faites en studio.

Et musicalement comment a évolué votre musique, avec toutes les nouvelles influences, vos goûts etc ? Mais également le fait de passer de cinq membres à 4 ?

On a gardé une ligne directive Powermetal en incluant un peu de progressif par dessus. Mais l’évolution vient surtout de l’apport de nouveaux musiciens au sein du groupe. Le premier chanteur avait plutôt une touche purpleien mais ce n’est pas pour autant qu’on a fait du Deep Purple, mais je pense que cela nous a peut-être influencé à l’époque. On avait un clavier fin fou du claviériste de Stratovarius, cela a permis de faire des solos guitare/clavier et ce genre de chose. Donc oui on a gardé la même trame avec des apports de chacun des ex-membres et ceux actuels.

Concernant la composition du groupe on a même été 6 à un moment donné. Mais du coup quand le clavier est partit on a décidé de ne pas en reprendre un et de prendre un sampler à la place. Mais surtout ce que j’ai compris après 20 ans, c’est qu’au delà du niveau technique il y a un aspect humain. Et là à quatre on a trouvé un bon équilibre et cela fonctionne très bien donc pourquoi changer quelque chose et prendre un risque de reprendre une personne qui ne s’intègrera peut-être pas au groupe?

Fabio (chanteur) tu es le dernier à avoir intégré le groupe, comment cela s’est-t-il passé ? Avais-tu une expérience de ce genre avant Black Hole ?

Oui en effet j’ai joué dans d’autres groupes avant cela et notamment dans un coverband, mais ce fut une énorme et agréable surprise quand j’ai appris que je serai le chanteur de Black Hole, car je ne pensais vraiment pas qu’un jour j’en ferai parti. En fait ils m’ont vu et entendu lors d’un concert du Black Honor Project « le BHP »et ils m’ont contacté. Du coup je suis allé écouter ce qu’ils faisaient et là je me suis dit que c’était un autre niveau et que c’était une belle opportunité et une progression. Et 3 ans après  cet album  prouve que j’ai eu bien raison de sauter le pas. Il y a une vraie alchimie, une cohésion et surtout on se comprend et cela contribue à la bonne marche du groupe.

Et les autres qu’a été l’apport de Fabio au sein du groupe ?

Il a clairement apporté de la fraicheur, mais humainement aussi. Au niveau de la voix il apporte aussi une certaine chaleur, il a une façon de placer sa voix de façon mélodique qui est peut-être un peu plus accessible au public et qui plait généralement. Enfin ce sont les échos que l’on a de part et d’autre. Et scéniquement il est super à l’aise, il est sur scène comme il est dans la vie. Et cela se ressent aussi bien du coté du public que sur scène. Il fait le job.

Revenons à ce nouvel album qui vient de sortir, quel a été l’accueil  qui en a été fait ?

Pour l’instant on a eu pas mal de bon retour de médias étrangers (australien, tunisien, belge, anglais) et c’est plutôt agréable car justement ce sont des chroniques étrangères et que cela fait plaisir que l’on nous apprécie ailleurs aussi. Les médias français par contre il faut les relancer pour avoir un retour mais ça va venir prochainement… hahaha !!!  (NDLR : Daily Rock en fait parti mea culpa).

Ceci dit, au niveau des textes j’ai l’impression qu’il y a pas mal de textes soit autobiographiques ou qui vous touchent personnellement est-ce correct ?

Je ne dirais pas autobiographique, mais je dirais que certains titres sont en effet un peu intimes et personnels, comme par exemple « Forever with us » ou encore « The One » Mais il peut y avoir également des tranches de vie de personnes qu’on connaît comme pour le titre « Better days », c’est l’histoire d’un gars qui a tout quitté, sa région etc et qui doit tout reconstruire ailleurs. Pour « The One » c’est l’amour parental. Pour les autres titres il s’agit plus d’une analyse personnelle du monde qui nous entoure et cela nous inspire. Par exemple pour le titre « The cell » la personne qui a corrigé le texte a pensé qu’il s’agissait d’un asile psychiatrique, alors qu’en fait je parlais de la ville de Berlin que j’avais visité et je pensais à tous ces gens qui vivaient dans une prison à  ciel ouvert et d’où ils ne pouvaient pas s’enfuir.

Pour en venir à  la composition généralement Matthieu vient avec une mouture et Fabio a toujours un texte de prêt et si cela prend on élabore le morceau à partir de là. C’est à la fois très simple et très compliqué. C’est une concertation mutuelle de tous les instants. Il y a des titres ou la mayonnaise prend de suite et d’autres il faut un peu plus de temps ou qu’on laisse en standby pour une autre fois. Pour l’album on avait de mémoire composé 14 titres pour au final n’en garder que 10.

Généralement la suite logique à la sortie d’un album c’est de jouer live. Avez-vous des dates de prévues ou des pistes à venir ?

Initialement on voulait sortir l’album en mars mais on a pris un peu de retard, donc du coup on a fait quelques dates dans la région. Là on a une première  date sur un festival à l’étranger « Devils rock for an angel », en Belgique, en septembre. C’est un festival caritatif pour la lutte contre le cancer pour les enfants. Depuis le mois de Juin je suis en train d’envoyer des mails à droite à gauche pour des dates car il faut s’y prendre très en avance. On verra les retours qu’on aura. Mais cela reste encore très compliqué. On voudrait défendre notre musique au delà de l’Alsace, en France mais également à l’étranger. J’en profite pour remercier des associations comme SonoLight ou encore Aching, qui nous permettent de faire des dates importantes mais malheureusement ils ne sévissent que dans l’Est. Avec un peu de chance on arrivera à trouver d’autres associations ailleurs qui nous permettront de nous exporter dans les 4 coins de l’Hexagone ainsi qu’à l’étranger.

Le problème c’est la communication, car on passe beaucoup de temps à démarcher les associations, les salles, les organisations etc mais pour l’instant  on a eu quelques retours intéressants mais pas encore de confirmation.Mais je pense qu’il faut peu de chose,  si tu commences à faire une date puis une seconde ailleurs la sauce peu prendre et le nombre de date peut augmenter. La dernière solution est de monter une tournée tout seul, et dire qu’on prend 15 jours de congés pour faire cela, mais cela prend un temps fou. On n’a pas encore trouvé la bonne recette à ce jour mais ça viendra. Du coup en attendant d’avoir des retours, on travail sur le prochain album.

L’album vient juste de sortir et vous travaillez sur un suivant ? Mais vous voulez le sortir quand ?

J’aimerais qu’on prenne le temps et qu’on puisse le sortir en 2020. C’est un cercle vicieux, car il faut avoir de l’activité pour pouvoir se faire connaître et pouvoir faire des concerts. Il faut avoir un objectif et c’est ce qui fait tourner le moteur, sans objectif le groupe végète et se consume à petit feu. Si tu bosses avec un label, c’est le délais qu’on te donne, un album tous les deux ans à peu près.

Dernière question : cet album a été autoproduit en partie. Est-ce la formule la plus intéressante ?

Par autoproduit, on veut dire que l’on a été maître de ce qu’on voulait faire, et personne ne nous a dit ce qu’il fallait faire, et quoi jouer. Mais le mixage, le mastering et les prises de batterie ont été faites par Renaud. La plus intéressante je ne sais pas, mais la plus rapide, la plus confortable et celle qui nous laisse le plus de latitude. Mais si demain on a la chance de pouvoir être produit par un producteur intéressant on ne va pas cracher dans la soupe.

Merci en tout cas pour votre temps et tout le mal qu’on puisse vous souhaiter c’est de  pouvoir tourner et promouvoir votre nouvel album et le suivant.

 

http://www.black-hole.fr/index.php/fr/

Note de la rédaction
Votes du lecteur
[Total : 2    Moyenne : 3.5/5]

Leave a Reply

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.

%d blogueurs aiment cette page :