Interviews — 14 août 2018 at 13 h 21 min

[INTERVIEW] Benighted – Hellfest 2018

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Avoir une interview avec Julien de Benighted est toujours un plaisir. Mais le cueillir juste après leur show, leur show que dis-je, leur tuerie au Hellfest 2018, un vrai bonheur.

Quel est ton ressenti sur votre show de tout à l’heure?

On est reparti conquis. Ça fait quatre fois que je fais le Hellfest. J’ai un peu l’habitude. Mes nouveaux musiciens moins. On est arrivé avec l’intention  de prendre un maximum de plaisir et tout s’est exactement passé comme on le voulait. Les réactions du public ont été monstrueuses, dès le départ. Ça a été une boucherie.

On a voulu botter le cul du public et on s’est fait botté autant.

Le nom de Benighted, depuis quelques années, commence à bien circuler?

C’est vrai, on n’a pas à se plaindre. Le nom circule bien. On part en tournée de plus en plus loin. « Necrobreed » a eu un super accueil. 

On est en train de booster sur un nouvel EP pour nos vingt ans. EP anniversaire. 

Notre nom grossit chaque année. C’est que du bonheur.

Pleins de grosses dates dont le 70 000 tonnes of Metal., ça fait rêver…

Ça a vraiment été une expérience à part. C’est intemporel. Quand tu descends du bateau, tu ne sais pas si tu es resté deux, cinq ou quinze jours. Ça n’a rien à voir avec les festivals sur terre.

Ça vous a permis de fréquenter d’autre groupes et d’avoir des retour peut-être plus critiques sur votre musique?

Je suis toujours comme un gamin qui découvre que des groupes, ou des musiciens, comme Napalm Death, Suffocation ou encore Max Cavalera sont fans de Benighted. 

Quand je vais voir les mecs de Suffocation pour une photo, que je n’ai jamais rencontré, et qu’ils me disent « Quoi, t’es le chanteur de Benighted, mais on adore… Quand est-ce qu’on fait une date ensemble? ». C’est énorme.

Le rythme de vos dates s’accélèrent méchamment?

On n’arrête pas. On est très très demandé. On passe notre temps à refuser des dates parce qu’on a tous un métier à côté. Du coup, toutes nos vacances passent dedans.

Je me suis replongé dans votre discographie et force est de constater qu’entre « Benighted » et « Necrobreed » : c’est le grand canyon…

Au tout début, on se cherchait un peu musicalement. On savait qu’on voulait faire de l’extrême. On était très influencé Black Metal à l‘époque. Depuis, cette influence s’est beaucoup atténuée pour laisser place au Death Metal. Ça a commencé sur « Insane Cephalic Production » de façon beaucoup plus claire. Ce qui fait que le Black Metal est, maintenant, plus une touche que l’on ajoute de temps en temps pour apporter un esprit plus glauque sur certaines parties.

Vocalement parlant, quelle évolution…

Ah bah, j’ai travaillé. Je travaille pas mal justement pour arriver à proposer, à chaque album, un truc différent. Avec des nouveaux types de voix tout en renforçant celle que j’ai déjà.

Comment arrives-tu à gérer la succession de dates?

Normalement, ça va. Bon évidement, faut pas que je fasse le con. Faut pas que je me mette des grosses caisses tous les soirs parce que je suis physiquement en forme. Mais en générale, ça va. Il y a toujours une baisse vers le troisième concert. C’est le moment où ma gorge commence à se roder. Et le quatrième, ça repart. Ce n’est pas ma voix gutturale qui pose problème. C’est ma voix parlée. Elle commence à faiblir. Du coup, entre les morceaux, les gens se disent : « Tiens, il a la voix fatigué… ». Mais les voix criées ou growlées ne changent pas. Et après, ça revient.

Voir Arno (Black Bomb A), sur scène avec vous pour « Cum with Disgust » comme sur l’album, était vraiment sympa.  

Wouais !!! C’est un tueur. Il a une voix extraordinaire. Il est génial. Je l’adore.

L’EP pour les vingt ans. Et puis après vous enchainez sur un nouvelle album?

On va tourner pas mal. On va essayer d’aller en studio fin 2019 pour sortir un nouvel album. En septembre, on va bosser sur un clip pour l’EP et entre temps, tournée des festivals.

Les morceaux de Benighted sont particulièrement brutaux et rapides en studio. D’arriver, voir à les accélérer, en live n’est-il pas trop difficile?

On ne s’en rend pas compte, en fait. C’est difficile d’être objectif sur sa propre musique. Je n’arrive pas à réaliser que « Necrobreed » soit plus violent que « Carnivor Sublime » ou « Asymum Cave ».

Ca va vite effectivement. C’est plus intense, plus dense mais je ne ressens pas forcément de grosses différences.

Quand te mets-tu à la batterie? Parce que, sur scène, ça blaste pas mal de la main gauche (mdr)…

J’en joue un petit peu avec mes patients handicapés. J’ai monté une espèce de salle de répète où on crée des projets musicaux. Je les emmène en studio pour enregistrer. Et du coup, c’est moi le batteur. Pour mes patients, la musique c’est génial.

Au niveau line up, ça semble se stabiliser?

J’espère… Je ne sais pas… A chaque fois que j’ai dit : « Oui, c’est cool, on est stable, on est bien. » Deux mois après, bah merde… On n’est pas à l’abris. Benighted prend tellement de temps et d’énergie. Les gars peuvent se lasser et dire qu’ils n’en peuvent plus. C’est comme si on avait deux boulots à plein temps. En fait, on ne se repose jamais.

Tout à l’heure, tu parlais de Napalm Death. Bientôt quarante ans de carrière. Tu imagines Benighted dans vingt ans?

On verra. Si ça tient. Si mon physique ne me rattrape pas d’ici là… 

Là, à quarante ans, je tiens… A soixante, on verra…

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