Chroniques — 30 juillet 2019 at 11 h 00 min

HEAUME MORTAL – Solstices

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Heaume Mortal. Ce nom ne vous dis certainement rien et c’est bien normal, puisque l’on est ici face à la première offrande de ce groupe français. Et pourtant c’est un projet de longue haleine, puisque l’album a été composé entre 2011 et 2014 et ne sort qu’en 2019. Le fruit d’une longue réflexion et d’un long travail issu de l’esprit de Guillaume Morlat, que l’on retrouve notamment dans les projets Cowards et Eibon, qui officient dans des registres plûtot Sludge Hardcore et Doom.

Et pourtant, le projet Heaume Mortal nous est présenté comme du Black teinté de Doom…De quoi franchement aiguiser la curiosité quand on connait la musique des deux combos dont sont issus Guillaume Morlat et les musiciens qui l’entourent ici.

La pochette, de style impressionniste, fait automatiquement penser à certains projets Black Atmosphérique, on notera d’ailleurs l’absence de nom de groupe, logo ou nom d’album…en apparence seulement car sur le digipack ces détails se révèleront en observant bien la pochette sous tous les angles. Mais donc, est ce bien du Black Metal me demanderez vous? Et bien oui…et non! Dès le premier morceau  « Yesteryears », on se retrouve face à un mur Black Metal suintant de Sludge. Pas d’intro, le riff Black saute au visage de l’auditeur et dégouline de partout, le mix des deux styles est parfait, et la voix de Julien Henri, sale et triste (c’est un compliment pour ce genre de musique!) ajoute encore plus à l’ambiance, on se retrouve empêtré dans la boue, impossible de s’en sortir, le morceau vous happe, et au cours de ses 13 minutes vous enfonce de plus en plus dans son ambiance dissonante, avec un break écrasant en milieu de morceau qui ne cessera de se ralentir pour enfin vous engloutir… Le morceau suivant, « South Of No North », sortira l’auditeur de sa fange avec des riffs tantôt Post, tantôt Hardcore, mais sert surtout d’intro à « Oldborn », pavé dans la gueule de douze minutes d’une extrême intensité, ou la lourdeur omniprésente fera parfois place a des petits passages  acoustiques et ou le chant ne fera que de rares cadeaux. Il est assez difficile de mettre des mots dessus alors la meilleure solution, c’est encore d’aller l’écouter!

Alors je dois l’avouer, je n’ai jamais été fan de Burzum, je ne suis donc pas familier de la disco de Varg. Mais lorsque l’on me propose une cover Black/Sludge/Doom de « Erblicket die Töchter des Firmaments » , surtout de cette qualité, je dis oui! La voix est ultra saturée, les riffs suintants encore une fois, c’est crade a souhait, bingo! Une bonne surprise que cette cover totalement inattendue!

Avec « Tongueless (Part III) », le groupe va cette fois ci s’aventurer sur des terrains plus Black Atmosphérique, laissant souffler un peu l’auditeur, mais pas pour longtemps, les riffs lancinants et le chant torturé n’étant pas en reste et revenant régulièrement. Puis Heaume Mortal nous fera glisser lentement vers son outro « Mestreguiral » , longue plage ambiante de presque 10mn , l’impression d’avoir pris une branlée auditive et de rentrer seul, silencieusement sous la pluie…Une sacrée expérience.

Il aura fallu donc près de 8 ans pour sortir Solstices, pour un résultat étonnant, type parpaing dans la tronche. Un album assez difficile à appréhender je dois l’avouer, mais que vous apprivoiserez au fil des écoutes, et qui de toute manière ne vous laissera pas indifférents. Chapeau!

 

 

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