Interviews, Made In France — 13 avril 2020 at 8 h 50 min

GUERILLA POUBELLE – Till (chant – guitare)

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Bonjour, merci de prendre le temps de répondre aux questions de Daily Rock France.

Salut, merci à toi !

Ok, déjà quand tu regardes dans le rétro, comment vois-tu le parcours de Guerilla Poubelle depuis 17 ans bientôt ?

Oh je ne regarde pas trop dans le rétro justement, j’ai à la fois pas l’impression que ça fasse si longtemps que le groupe tourne, c’est toujours frais et motivant pour moi, et en même temps le sentiment d’avoir toujours fait ça. Ca fait si longtemps que ça fait partie de mon mode de vie que je ne m’en rends pas compte…

Votre dernier album « L’Ennui » est sorti ce 31 janvier, en quoi est-il meilleur que son prédécesseur « La Nausée » ?

Ah je ne sais pas s’il est meilleur, ça n’est sans doute pas à moi de juger de ça. Un.e artiste qui saurait répondre à cette question ne serait qu’un.e représentant.e commercial essayant de te refourguer sa camelote ! Pour moi il est dans la même lignée, on y a mis la même passion, la même urgence, la même sincérité, comme on a toujours fait. On a encore trop le nez dedans pour réaliser pour l’instant, on manque toujours un peu de recul quand c’est tout frais comme ça pour juger.

Comment vois-tu l’évolution musicale du groupe depuis votre premier album « Il Faut Repeindre le Monde en Noir » ?

Tu vas dire que je ne peux répondre à aucune de tes questions, mais encore une fois ça me semble être le taf des chroniqueur.euse.s et journalistes de se pencher là-dessus, nous, on avance tête dans le guidon. Ce qui est certain, c’est que le groupe n’est plus le même aujourd’hui, je suis le seul membre d’origine encore dans le groupe, les changement de line-up influencent forcement le son du groupe. Il me semble que le groupe est plus souple, plus véloce aujourd’hui. Le premier album a été ecrit il y a 17 ans, je ne suis évidemment plus la même personne, j’ai un regard diffèrent aujourd’hui sur l’écriture et sur la rhétorique, ma voix a changé aussi, parce qu’on a pas la même voix à 20 et à 35 ans, mais j’ai aussi trouvé la façon dont je voulais chanter, je maitrise mieux ma voix, mes intentions. C’était sans doute plus impulsif à l’époque.

A qui avez-vous confié le mixage et l’enregistrement de cet album, et qu’apporte-t-il à la musique de Guerilla Poubelle ?

On a enregistré à Montreal avec Frank Joly, qu’on a rencontré il y a des années quand il tournait avec nos ami.e.s de Vulgaires Machins. Je pense qu’il a apporté un «gros son» auquel on n’était pas si habitués, mais sans trahir l’esthétique du groupe. Il a vraiment respecté l’identité de Guerilla Poubelle, je trouve que ça nous ressemble, que ça n’est pas incohérent avec la façon dont le groupe rend sur scène. C’est quelque chose d’important pour nous, de rester cohérents avec ça, naturels.

Ces deux derniers albums ont des titres très courts : « La Nausée », « L’Ennui ». Pourquoi ce choix ?

On n’a pas réfléchi en ces termes, peu importe la longueur du titre, on a choisi «La Nausée» par rapport au livre de Sartres, auquel je fais plusieurs fois référence dans l’album, ça faisait du sens et ça «sonnait» bien, ça collait bien à la verve de Guerilla Poubelle. Pour «L’Ennui» on a voulu garder ce même type de nom d’album, un peu comme une suite ou une séquelle.

Il faut voir quoi comme rapport entre votre pochette et le titre de l’album ? L’ennui se caractérise par la pluie, une fleur qui fane et un café ?

Il ne faut pas y voir trop de symbolique, c’est une intention d’humeur plutôt, de sensations.

Si le titre « plus je connais les hommes plus j’aime les chiens » avait été crédité d’un clip, quel titre avez-vous choisi de mettre en avant sur cet album ?

On a clipé quasiment tous les titres de «La Nausée», avec plus ou moins de bon goût, mais oui, on aime bien faire un maximum de vidéos. Il y a déjà un clip sur «Apocalypse 6:12» dispo depuis quelques semaines. On en a d’autres en préparation…

Plus de 1000 concerts à votre actif … Comment avez-vous vu évoluer la scène underground française ? C’est plus facile de se produire  sur scène maintenant ou il y a 17 ans ?

Pas facile encore une fois, on a tellement le nez dedans et la tête tournée plutôt vers l’avant que dans les vieux dossiers. J’ai l’impression qu’il n’y a plus tant de kids que ça qui font des groupes, qui organisent des concerts, mais j’ai aussi vieilli, peut-être que je suis juste à côté de la plaque et pas en contact avec ces plus jeunes…

Le concept musique et artiste dessinateur en même temps, c’est un truc que vous faîtes souvent ?

Tu dois parler de Jokoko au 1000e concert ? On fait ça de temps en temps oui. Jokoko faisait partie intégrante du groupe au début, entre 2003 et 2007, il faisait tous les concerts sur scène avec nous. Depuis qu’il n’est plus dans le groupe, on aime bien l’inviter pour faire une fresque ou d’autres performances artistiques. Surtout pour ce genre d’occasion.

L’ennui ça te donne la nausée ? Non parce que j’ai bien l’impression que vous passez une grande partie de votre vie en concert ! Vous ne devez donc pas trop vous ennuyer ?

Ouais, on fait une centaine de concerts par an avec Guerilla. Mais on a tous d’autres groupes à coté qui se rajoutent par-dessus ça. Effectivement on glandouille rarement !

Le mot punk a-t-il encore une signification en 2020 ?

En a-t-il déjà eu une ? J’ai l’impression que ça fait 40 ans qu’on débat interminablement sur la définition du «punk». Peu importe, finalement. Le punk est réinventé chaque jour par des nouvelles personnes, il est fluide, mouvant, poreux, composite et pluriel. Quand on arrivera à le définir, c’est que cette aventure sera figée et que le punk appartiendra au passé.

Il y a un lien entre vous, les Charly Fiasco, et Diego Palavas… enfin vous tournez souvent ensemble, qu’est-ce qui vous unit, en plus de la musique ?

Oui, avec Justin(e) aussi, on est une poignée de groupes à avoir commencé un peu au même moment, avec les mêmes influences, la même envie de faire les choses d’une certaine façon, les mêmes convictions sociales… C’est sans doute un truc en peu générationnel aussi.

Bon, on vous souhaite quoi pour la suite ?

Bonne route, et pas de galère de camion !

Les dernières questions à la con si je puis dire : quel est votre plus vieux souvenir sonore ou musical ?

Les chansons de ma mère quand j’étais gamin j’imagine…

Quel est le dernier bon livre que vous ayez lu ?

« La tristesse de la terre » d’Eric Vuillard.

Quel est le dernier bon album que vous ayez écouté

«Blame Yourself» de Jodie Faster.

Finissez-moi cette phrase : on ne l’a jamais dit à personne mais (et parlez pas de ma mère svp 😉 )

…on adore s’arrêter chez ma mère pour déjeuner en tournée. Un régal, ça change des stations d’autoroute !

Merci à Hélène (L’atelier des Môles)

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