Chroniques — 26 juin 2018 at 21 h 32 min

DIMMU BORGIR – Eonian

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Bon. Je dois vous avouer quelque chose. Faire cette chronique était avant tout pour moi un défi. Pourquoi? Avant tout, parce que j’ai été, dans mes jeunes années, un gros fan de Dimmu Borgir, allant jusqu’à faire la route de mon Auvergne natale jusqu’à Paris pour les voir, à peine mes 18 ans révolus (et pour un p’tit gars de la campagne comme moi c’était quelque chose!). Et puis les années passant, mes goûts se sont affinés, j’ai découverts pléthore d’autre groupes, et les dernières sorties telles qu’ Abradahabra il y’a bientôt 8 ans ne m’ayant pas convaincues (loin de là…), le groupe est passé aux oubliettes de mon répertoire, au point de ne même pas me poser la question si j’allais les voir lorsque je croisais leur route en festival…Et puis après presque 10 ans de silence, ma route a croisé celle d’une chronique d’Eonian, et je me suis dis : « Allez, prends-là, tu trouveras peut être quelque chose de bien à dire… »

Et la route fût longue. Il a fallu de nombreuses écoutes pour appréhender cette oeuvre. Tout d’abord car s’il y a bien quelque chose que je déteste le plus que le St Nectaire Laitier (on a pas idée de produire un truc aussi fade bordel!), c’est bien le Metal Sympho! Et on peut dire que sur Eonian on est servi…La bande à Shagrath s’est entourée pour cet album du Schola Cantorum Choir, chorale de chant lyrique, et comme « Abradahbra » il y’a des années le laissait figurer, le groupe a fini d’effectuer un énorme virage dans son style. Exit le Black Metal, c’est à un Metal Symphonique et Industriel teinté de Black auquel on a affaire ici. Alors certes, on a bien le droit à quelques envolées Satan bien sale des familles, mais il faut savoir le dénicher tellement elles se font rares.

Donc oui, si vous êtes un fan de la première heure de Dimmu Borgir, ou un fan de Black pur et dur, passez votre chemin. En revanche, si vous êtes ouverts a l’expérimentation, cet album saura vous interpeller, voire même vous plaire.

L’album débute par le bien nommé « The Unveiling », qui, après un couplet ou résonne le chant si familier de Shagrath, nous dévoile (donc) l’importante touche que va apporter la collaboration avec le Schola Cantorum Choir et ses Choeurs épiques. C’est beau, c’est mélancolique diront certains. C’est chiant à en crever rétorqueront d’autres. A vous de juger. Mais force est de constater que se dégage une certaine solidité de ce premier morceau. Oui cet album est rudement bien produit, et on sent que pendant 8 ans le groupe n’a pas passé son temps à se prélasser. Même si certains morceaux sont dispensables( « Interdimensional Summit » qui pour le coup pousse trop le coté orchestrale à mon goût) d’autres ressortent vraiment du lot . Je pense notamment à « Council Of Wolves and Snakes » avec son tempo lent à première vue, ses chants shamaniques et ses envolées Black qui manquent malheureusement tant dans cet album. Alors oui, dans pas mal de morceaux on se dit « Ah! ça c’est cool! » , mais la surprise retombe malheureusement assez vite dans des affres lyriques et des ponts Symphos un peu trop longs…Même constat pour le titre « Lightbringer » , aux riffs inspirés mais trop vite étouffés. L’album se termine par un « Rite Of Passage » n’ayant plus rien de Black, mais qui, il faut le souligner, donne à cet album une fin épique avec des orchestrations extrêmement soignées.

Bref, comme nos goûts personnels, ceux des musiciens évoluent aussi. Certains diront « c’est pour la thune, ils veulent toucher un public plus large ». mais loin de ces motivations pécuniaires, je pense tout simplement que faire la même chose toute une carrière doit lasser l’artiste, et l’envie d’évoluer se faisant plus forte, un virage dans une carrière ne peut jamais faire de mal.

Ceci dit, si on me laisse le choix entre cet album et un album de Black quelqu’il soit, le choix est vite fait.

Note de la rédaction
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