Chroniques — 26 mars 2019 at 11 h 24 min

BUCKCHERRY – Warpaint

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Si l’on peut reprocher une chose à Buckcherry , c’est d’être né trop tard. Formé en 1995 , suite à la rencontre entre un chanteur fan d’ACDC , et un guitariste vénérant les Guns’N’Roses, le groupe ne sort son premier album qu’en 1999. Reprenant les formules élémentaires chères à Chuck Berry , les américains balançaient le plus grand brûlot binaire depuis la grande époque du gang des frère Young.

Mais voilà, ce hard rock était déjà en perte de vitesse, les Guns avaient commencé leur disgrâce, entraînant tous ses suiveurs dans sa chutes. Cela n’empêchera pas les deux monumentaux premiers disques du groupe d’obtenir un succès honorable mais , privé de cette encrage dans un courant salué par le grand public, ce succès ne pouvait se pérenniser. Que le groupe ait ensuite suivie le modèle d’Aerosmith, arrondissant son hard rock rugueux pour draguer le grand public, n’a fait que confirmer ce constat. Confession et 15 étaient encore de très bons albums, mais les ballades mielleuses de ses deux disques montraient que le déclin était enclenché .

Et puis en 2016, alors qu’on ne les attendait plus , ils ont repris les choses en main, avec leur disque le plus varié, mais revenant à une énergie plus direct. Ajout de cuivre, retour à un blues binaire à faire rougir les pionniers, passage par une power power pop irrésistible, le groupe variait les registres sans perdre son obsession pour ce bon vieux rock’n’roll.

Inutile de faire durer le suspense, « Warpaint » est l’exact opposé de ce disque, ce qui ne veut pas dire qu’il est forcément plus mauvais. Oubliant la chaleur qui se dégageait de leur précédent opus, les musiciens renouent avec une production dépouillée , qui donne un côté plus tranchant aux riffs les plus vindicatifs. Rock’n’roll était traditionaliste et varié , « Warpaint » est moderne et primaire, comme en témoigne les légères touches de vocodeur sur « The Vacuum » , ou le chant rappé de « Right Now », qui bénéficie d’un riff délicieusement moderne comme on en a plus entendu de « Walk This Way ».

Mais, ce qui brille ici, dans cette simplicité, c’est la guitare, éternel objet de culte que le groupe réduit à son plus simple appareil. Les riffs tranchants renouent avec l’enthousiasme irrésistible des premiers disques, confirmant Buckcherry en tant que rois du rock’n’roll joué avec une énergie orgiaque , les ersatz comme Airbourne ou 77 n’ont plus qu’à retourner jouer leur riffs fades devant leurs moufflets. D’autant qu’ils ne disposent pas d’un hurleur aussi habité que Josh Todd , doté d’un charisme vocal aussi impressionnant que celui du regretté Bon Scott, dans un registre plus tendu.

Pour que la fête soit parfaite, il aurait juste fallut éviter d’enregistrer « The Hunger » et « Radio Song », deux ballades qui feraient passer l’Aerosmith actuel pour une bande de rocker sauvages. Elle permet aussi de comprendre pourquoi, contrairement à eux , ACDC ne s’est jamais risqué dans les chemins pernicieux de la ballade pour midinette, il faut savoir reconnaître ses limites.

Cette petite erreur de parcours n’empêche pas « Warpaint » d’être un disque très réussit, ou Buckcherry remet une nouvelle fois l’église rock’n’roll au centre du village. Et qu’il soit les seuls à la défendre avec une telle simplicité ne fait qu’ajouter à la valeur de leurs riffs irrésistibles.

https://buckcherry.com/

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