Interviews — 2 novembre 2017 at 11 h 00 min

AMENRA – Colin H. Van Eeckhout (Chant)

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Bientôt 20 années d’existence pour Amenra. Que retiens–tu de ce parcours ?

Un tas de choses. Je connais des membres d’Amenra depuis plus de 25 ans. Et ça fait maintenant plus de 20 ans que je joue avec eux  On a partagé de merveilleux moments dans la vie mais aussi des plus tristes. On s’est vu pleurer de joie mais aussi de tristesse ou de désespoir. Si je devais le décrire en un mot alors je dirais c’est de l’amitié…

Voilà maintenant 3 années que vous n’aviez pas sorti d’album. Un album d’Amenra s’accouche dans la douleur ?

Oui, par-dessus tout. Le temps n’a pas d’emprise sur nous, et la nécessité de garder le groupe ‘contemporain’, dans le mouvement, on s’en fiche. On n’a pas peur d’être oublié.

Parce que je pense qu’on ne le sera jamais.

Comment avez-vous imaginé cette nouvelle messe ? C’est quand même votre 6ème album, vous êtes un groupe dont la renommée n’est plus à faire, il doit y avoir tout de même un peu de pression ?

On a besoin du bon état d’esprit, et de la bonne pâte psychologique pour pouvoir bosser. Un album d’Amenra fait ses premiers pas dans la nécessité. On travaille tous nos passages individuellement. Dés que l’on sent ce besoin de raconter une histoire sincère, on écrit individuellement. On pourrait tenter de le créer collectivement mais si personne n’a les bonnes raisons d’écrire pour Amenra alors on le fera pas.

Ça nous a pris 5 ans pour trouver la bonne raison, que ce soit les cancers des parents, les enfants, la souffrance physique et la contention. Quand le temps nous a tous mis à genoux, Mass VI a eu sa raison d’étre écrite.

Oui il y a beaucoup de pression. Mais c’était surtout nos exigences et nos restrictions qui ont été le plus difficiles. Plus nous existons, plus il nous est difficile d’écrire un album comme un effort collectif. Nous ne craignons pas la pression extérieure, ce que les gens attendent de nous. Nous n’y prêtons aucune attention. C’est nous-mêmes que nous devons persuader au-dessus de tout et de n’importe qui d’autre.

Quel est l’apport de Levy dans la composition de votre album puisque c’est là sa première participation à l’écriture ?

Il a certainement mis tout en mouvement. Alors que la plupart d’entre-nous était sur l’analyse et la comparaison à la musique que nous avons écrite dans le passé, il a juste commencé à écrire. Il connaissait et appréciait déjà le groupe avant d’y jouer. Il avait une ardoise propre pour tout aborder. Il avait une référence totalement différente à ce qui était déjà fait, et ce qui allait être créé. Il a mis une énorme partie de lui-même dans la musique…et nous a persuadé de commencer le processus.

Plus de chant clair dans cet album, qu’est-ce qui oriente le fait d’utiliser tel ou tel chant ?

La voix est dans ma tête. Je n’écoute que ma voix intérieure. Ça arrive comme ca. Tu entends la musique dans sa formation, et tu commences à entendre les voix. Et cette fois, il n’y avait plus de place pour les nettoyages. La portée émotionnelle de la voix est devenue beaucoup plus grande qu’elle ne l’était auparavant. C’est vraiment intéressant pour moi de voir comment ces dynamiques fonctionnent, de raconter des histoires à travers la musique.

Notre écriture acoustique, nos spectacles et mon travail en solo m’ont rendu plus sûr de moi. Et Aussi les projets que j’ai fais sur d’autres albums de groupes. Je me suis permis d’être totalement libre sur ceux-là.

Parle-nous un peu de ces interludes en hollandais, si je ne m’abuse, qui jalonnent l’album !

C’est ce que j’appelle des ‘moments de calme’, dans la tempête. Des moments où tu peux reprendre ta respiration. Pour moi, c’est un peu comme ces moments où quelqu’un pose sa main sur ton épaule.

On note un léger changement dans l’artwork. Habituellement, ça reste quand même plutôt obscure. Là, on a l’impression que ça retranscrit complètement ce contraste apporté par les différentes techniques de chant ; on a du noir et de la lumière apporté par ce cygne. Pourquoi le choix de cet oiseau ?

Le visuel m’a beaucoup parlé, tout simplement. Cela représente la musique et ce que nous faisons de manière très belle.

Est-ce que les morceaux d’Amenra doivent obligatoirement avoisiner les 8 minutes et plus, pour prendre toute leur ampleur ?

Non, ils durent le temps qu’ils doivent durer. On n’écrit pas avec un chronomètre.

Ces dernières années, vous avez enchaîné chaque album avec un cd live. Est-ce un projet qui sera reproduit pour Mass VI ?

Peut-être… On ne planifie pas ça en avance. En fait, dès que l’on sent qu’un morceau a évolué par rapport à l’album, on se dit que ce serait chouette de l’enregistrer en live.

Vous travaillez avec pas mal d’artistes issus de différents univers artistiques. Qu’est-ce que vous avez encore envie de faire ?

J’aimerais faire plus de peinture, plus de livre, plus de musique et plus de visuels. Du mouvement. Tout. Chaque fois que l’on rencontre une belle personne, on se met à collaborer. Mais on n’a pas de plan.

Merci Colin, ainsi que Nadèje et Laure ( DR crew )

 

 

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